BDs et mangas

Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 23:01
Guide de la sexualité epanouie
du Collectif Fluide Glacial

   Attiré par la couverture formidablement grotesque de cette bande-dessinée écrite avec de nombreuses mains, couverture représentant la reproduction presque infinie des visages grotesques tels que Gotlib sait les faire avec efficacité, et prêtant déjà au rire - encore plus au vu du titre -, je l'ai emprunté hier à la médiathèque du coin, curieux de voir ce qu'il en était.

   Les dessins de Gotlib ne seront en réalité que peu présents dans les pages de ce pseudo-guide utilitaire, car le créateur de la Rubrique-à-brac et de Gai-luron participera ici essentiellement à l'élaboration des textes avec d'autres artistes Fluide Glacial tels que Fremion, Igwal et Leandri. Par contre, de nombreux dessinateurs prêteront leur plume au panel de la sexualité qui nous est ici présenté, et parmi lesquels (pour ne citer que ceux que je connais le plus) l'on peut trouver Edika, Lefred-Thouron ou encore Goossens (présent sur ce blog par le biais du délirant Route vers l'enfer). On assiste ainsi à de nombreuses rubriques tentant de nous présenter tous les aspects de la chose : un faux lexique, un courrier des lecteurs, une section détaillant le tout sous les angles biologiques (avec par exemple un faux-guide des parties érogènes du corps humain), différentes (fausses une fois de plus) astuces à utiliser au lit, différentes idées, un guide des pulsions sexuelles étranges, et encore beaucoup, beaucoup de choses diverses.

   Je dois dire au final que j'ai été plus déçu qu'autre chose par ce Guide de la sexualité épanouie. Tout d'abord parce que Gotlib est bien meilleur auteur de bande-dessinées que simple auteur de textes humoristiques, et que les délires que j'ai vécu en lisant ses précédentes oeuvres, et sans exception, venaient surtout de la combinaison entre textes et dessins. Ensuite, parce qu'au final, l'ensemble ne peut que contenir des blagues particulièrement éculées et usées de toutes parts, la sexualité étant un sempiternel sujet d'humour où les auteurs n'innovent ici pas grand chose, donnant à leur faux guide plus l'aspect d'une grosse blague potache entre bons copains - et ne faisant alors rire qu'eux - que celui d'un réel travail amusant pour le lecteur.

   Un autre gros défaut, cette fois-ci inhérent à la forme du livre, c'est sa complète inégalité : en prenant le parti d'utiliser maints dessinateurs dans l'ouvrage, les auteurs, eux-mêmes assez nombreux, transforment le tout en une sorte de patchwork complètement irrégulier, et même globalement décevant, ne suscitant que rarement le sourire et encore plus rarement le vrai rire (survenu dans mon cas à la seule lecture d'une double-page où figurait un faux index du language sexuel assez bien fait et s'avérant être plutôt amusant).

   En somme, je ne rajouterais pas grand chose sur ce Guide de la sexualité épanouie, se basant sur un thème beaucoup trop classique pour plaire et se révélant plus ennuyeux qu'autre chose. J'attends par exemple plus du Guide de la Télé, un autre collectif Fluide Glacial, que je n'ai pas lu et qui présente un univers que je connais beaucoup moins. Toujours est-il que je déconseille l'ouvrage présent.
Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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Mardi 27 mai 2008 2 27 /05 /2008 21:11
Dropsie Avenue de Will Eisner

   Dropsie Avenue, bande-dessinée de cet auteur relativement connu qu'est Will Eisner, raconte l'histoire de ce quartier de New-York qu'est justement Dropsie Avenue, de sa fondation à l'époque où la Grande Pomme n'était qu'un village hollandais et où la famille Dropsie donna son nom au coin, jusqu'à nos jours, où la zone, jugée insalubre, fut totalement rasée.

   Bien sympathique oeuvre que celle qui nous est ici écrite par Eisner, une oeuvre que j'avais déjà aperçue rapidement mais que je lis ici pour la première fois, donnant envie de m'aventurer plus loin dans sa bibliographie. Dropsie Avenue, tout d'abord, est bien plus qu'un simple regard sur ce quartier de New-York, mais se veut être un panel de l'histoire de la ville toute entière, voire de l'histoire des Etats-Unis en général (les épisodes du Far-West en moins), des premiers colons néerlandais au lent déclin de l'urbanisation du pays, en passant par la crise de 1929 et la lutte contre le Vietnam accompagné de son épanouissement de Woodstock - sans oublier, bien sûr, les mafias.

   Pour réaliser son panel de cette rue, Eisner s'appuie sur les portraits de différents personnages qui traversent l'histoire du quartier, qu'ils y participent ou non, directement ou indirectement : paysans, mafieux, politiques, agents immobiliers, investisseurs, avocats, ou simples ménages sans grande importance - à priori. Les personnages se révèlent être intelligemment pensés, assez attachants pour la plupart, sans tomber dans la caricature mais se montrant de fidèles représentants - ou tout du moins de crédibles représentants - de leurs époques.

   Le style graphique de Eisner se fait très agréable, très sympathique, oscillant entre comics et cartoon, et atteignant alors un ensemble qui se montre souvent drôle, mais également tragique, sans que le dessin n'ait à subir les conséquences de ce changement de ton, conservant son caractère très sympathique et se lisant avec beaucoup de plaisir.

   A noter que Dropsie Avenue est le troisième tome de la trilogie du Bronx de Will Eisner, dont je n'ai par ailleurs pas lu les deux premiers tomes, ce qui me permet de dire que les trois épisodes s'avèrent être plutôt indépendants : les deux autres se nomment Un pacte avec Dieu et Jacob le cafard.

   Pas grand chose à rajouter sur Dropsie Avenue : bande dessinée très sympathique, et qui vaut le coup d'oeil. A lire.
Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 13:51
Harlequin Valentine de Neil Gaiman et John Bolton

   Une nouvelle bande-dessinée scénarisée par Neil Gaiman, que je découvre ici, en attendant toujours (mais de plus en plus désespérément) que son dernier recueil de nouvelles Fragile Things soit traduit en français.

   Harlequin Valentine se passe durant la Saint-Valentin : Arlequin, alors magicien invisible aux yeux des hommes, est tombé amoureux de Missy, sa Colombine, et va clouer son propre coeur sur sa porte, à l'aide de son épingle à chapeau, en guise de déclaration. Il n'est guère simple d'en dire plus, au sujet de la bande-dessinée, sans révéler les ressorts de son intrigue, ainsi me contenterais-je d'énoncer cette mise en matière.

   J'ai été assez déçu par cette nouvelle bande-dessinée, une de plus scénarisée par Gaiman : on ne pouvait pas dire que j'en attendais grand chose, car les romances ne sont pas ce qui m'attire le plus, et il faut dire que la couverture de l'ouvrage m'avait au premier abord sacrément repoussé, faisant preuve d'une présentation assez niaise, néaumoins le nom de Gaiman m'avait-il poussé vers le livre, en attendant de trouver le premier tome de la série Sandman.

   J'ai tout d'abord été assez irrité par l'aspect graphique de Harlequin Valentine : on est ici loin de la folie graphique d'un Dave McKean (
La comédie tragique ou la tragédie comique de Mister Punch, Violent Cases), ou de l'ambiance terriblement glauque et très comics d'un Michael Zulli (Alice Cooper's The Last Temptation). Bolton repeint sur des photographies - enfin, tout du moins est-ce l'impression que j'ai ici -, arrivant à un graphisme assez flou, assez figé, comme arrêté dans le temps, et malheureusement pas assez animé pour plaire (à l'opposé, cette même technique de peinture, mais avec des couleurs et un aspect quelque peu différent, avait porté ses fruits dans A scanner darkly, l'adaptation au cinéma du roman Substance mort de Philip K. Dick par Ronald Linklater). Si deux ou trois cases de la bande-dessinée s'avèrent être réellement agréables à voir, le plaisir qu'on en retire est loin, très loin de se montrer constant. Il faut quand même apprécier ici le travail sur les couleurs : tout le roman est bercé dans une teinte plutôt froide, triste, sobre, et seul le personnage d'Harlequin et le coeur qu'il plante sur la porte portent des couleurs assez riches et chaudes.

   Dommage cette fois-ci que ce même travail serve une idée quelque peu "cul-cul la praline" : l'aspect coloré et chaleureux de la fantasie et de l'amour par rapport à un monde triste ou tout le monde se regarde sans profiter de la beauté des choses, là est la rengaine que nous rabâchent encore les auteurs, s'empêtrant dans de douloureux clichés qui ne profitent en rien à l'histoire - et c'est là d'autant plus dommage que Gaiman, à plusieurs reprises, avait montré son talent à maîtriser des romances sans s'effondrer dans le cliché, en gardant des tons très justes (on se souviendra du fabuleux exemple qu'en est Stardust, l'un des plus grands contes d'amour modernes jamais écrit). Ici, si sa plume est agréable à lire, et si son talent se manifeste dès les premières lignes pour nous emmener dans un texte assez merveilleux et très agréable, on assiste à une violente retombée de rythme vers la fin de l'histoire, pour retomber une fois de plus dans le cliché et le simpliste. Une fois n'est - pour l'instant et il faut l'espérer pour longtemps encore - pas coutume, Gaiman déçoit. A noter toutefois : le portrait qu'il dresse de Bolton et sa propre (fausse) autobiographie, en fin d'ouvrage, valent le coup d'oeil.

   En somme, Harlequin Valentine est une oeuvre particulièrement décevante, que je n'hésiterais pas à présenter comme ratée : un graphisme peu convaincant et assez niais, en plus d'être irritant, une histoire et une thématique cliché, un style littéraire qui va s'effondrer vers la fin. A éviter.

   Egalement de Neil Gaiman, en bande-dessinée :
Violent Cases, La comédie tragique ou la tragédie comique de Mister Punch, Alice Cooper's The Last Temptation

   Egalement de Neil Gaiman, en littérature :
American Gods, Anansi Boys
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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 20:50
La comédie tragique ou la tragédie comique de Mr. Punch de Neil Gaiman et Dave McKean
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   Nouvelle collaboration Gaiman/McKean, pour mon grand plaisir.

   Le héros de Mr. Punch raconte ses souvenirs d'enfance dans la nouvelle bande dessinée écrite par le duo d'auteurs. L'enfant ainsi mis en scène nous parle de sa famille, des lieux où il allait en vacances, des parties de pêche avec son grand-père, de son oncle - bossu pour une raison inconnue -, de la sirène qui chantait dans le lac artificiel, de la folie de son grand-père, suite à l'accident, et surtout de Mr. Punch. Mr. Punch, c'est un peu le démon de l'enfance de tout le monde, réincarné en un spectacle de marionnettes, et tristement célèbre pour ses actes : "Il a jeté le bébé par la fenêtre et battu sa femme à mort. Il a tué le gendarme qui venait l'arrêter et réussi à faire pender le bourreau à sa place. Il a assassiné un fantôme et s'est montré plus fort que le diable. Jamais il n'est mort." (le texte provient de la quatrième de couverture).

   Comme dans Violent Cases, le duo d'auteurs que forment Neil Gaiman et Dave McKean revient à la thématique des souvenirs d'enfance. Le gamin dont le bras avait été brisé par son père et ici remplacé par un autre garçon, tout aussi jeune et vivant dans un univers tout aussi merveilleux. L'oeuvre au complet est empreinte, de ce côté là, de beaucoup de nostalgie, alors ques les textes de Gaiman savent trouver le juste ton, provoquant l'émotion mais évitant le pathos. L'histoire se révèle même être plus forte que dans Violent Cases, car il est plus facile de s'identifier à l'univers ici développé ; il conservait, de par ses situations, une dimension assez absurde, assez extraordinaire et irréaliste, alors que Mr. Punch est beaucoup plus proche de la réalité, beaucoup plus rationnel, sans pour autant se séparer de la dimension fantastique qui accompagne tout monde d'enfant.

   Dave McKean excelle, comme à son habitude, utilisant à nouveau son mélange de collages, de peintures, de photographies, de dessins et de figurines habilement confectionnées. On tombe à nouveau sous le charme de l'ouvrage qui dépasse encore les bornes de la simple bande dessinée, devenant un roman graphique à part entière. L'utilisation de la marionnette, par le biais à nouveau de photographies, dans l'oeuvre lui confère encore plus de charme et de réalisme, donnant presque corps au personnage, intriguant et effrayant, de Mr. Punch, sorte de croquemitaine, particulièrement monstrueux, de l'époque. La particularité de l'ensemble est que, même s'il dépeint un univers particulièrement effrayant pour un public plus jeune, l'humour apparaîtra chez le lecteur avec la maturité, alors que de petites traces d'humour noir se font sentir, ou que le rire naîtra du décalage entre ce que comprend le personnage principal et ce que le lecteur, quant à lui, perçoit (comme l'histoire de la sirène).

   A noter que les personnages de Punch et Judy, les personnages de la pièce de théâtre de marionnettes, sont en quelque sorte les guignols anglosaxons, personnages importants du folklore grandbreton. Ainsi l'ouvrage se révèle-t-être bien plus évocateur outre-Manche.

   En somme, une excellente nouvelle collaboration entre Neil Gaiman et Dave McKean, et une réussite sur tous les points. A lire.

   Autre collaboration entre Neil Gaiman et Dave McKean, en bande-dessinée  : Violent Cases

   Egalement de Dave McKean, en cinéma : Mirrormask

   Egalement de Neil Gaiman, en bande-dessinée :
Harlequin Valentine, Alice Cooper's The Last Temptation

   Egalement de Neil Gaiman, en littérature : Anansi Boys, American Gods
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Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /2008 11:58
Alice Cooper's The Last Temptation de Neil Gaiman et Michael Zulli
alicecoopersthelasttemptation.JPG
   Veille d'Halloween. Steven, avec quelques amis, découvre par hasard, caché derrière une ruelle, une sorte de vieux théâtre désaffecté ; le jeune homme est convié à assister gratuitement à une représentation par celui qui se fait nommer le Bateleur : un être étrange, sans âge, qui périodiquement convie des enfants à son théâtre du réel pour assister à une ultime représentation. Steven va essayer de sortir du piège dans lequel il est par inadvertance entré.

   Alice Cooper's The Last Temptation se révèle être, comme le laisse suggérer son titre, l'adaptation en comic book de l'album de Cooper The Last Temptation, album de 1994 qu'il ne m'a pas encore été donné d'écouter, même si je le recherche actuellement afin d'effectuer un parallèle entre la bande dessinée et le composition musicale (je suis à vrai dire peu familier de Cooper que j'aimerais par ailleurs découvrir un peu). C'est à vrai dire le nom de Neil Gaiman en tant que scénariste qui m'a attiré vers ce comic-book.

   Dans une introduction sympathique et amusante (ceux qui ont lu Miroirs et Fumée savent que Gaiman a le sens des introductions distrayantes), il explique sa rencontre avec Cooper, la façon dont lui fut proposé le projet (avec beaucoup d'humour), et présente Michael Zulli : les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur le Sandman, série qu'il ne m'a une fois encore pas été donnée de lire.

   Dès les premières images, on rentre dans l'univers du comic-book : l'ambiance s'impose comme gothique, avec ce corbeau qui décolle d'un arbre dans les premières images, et cette feuille qui suit le vent. Mais même si le dessin accroche très vite, c'est plus tard, au niveau des personnages et des décors, que le réel talent de Zulli se révèlera : ceux-ci sont formidables, emplis de nombreux détails tout en jouant beaucoup sur les trames sombres et grisées, aboutissant à des visages pas complètement nets, un peu vaporeux, par là un peu fantasmés : la bande dessinée prend alors des allures de rêve ou de cauchemar en fonction des moments.

   L'histoire est basique, mais c'est du niveau des textes qu'il faut chercher la qualité du travail de Gaiman. Tantôt orientés dans une optique gothique/baroque, tantôt planant sur les pentes de l'humour noir (par ailleurs très réussi), tantôt partant dans des délires complètement déjantés ou des scènes délirantes (tel le passage du rêve de Steven, s'étalant non pas sur des cases mais sur des pages entières, ce qui permet de rendre compte de l'ampleur du délire), à chaque fois le travail de Gaiman et Zulli charme le lecteur.

   Même si la conclusion, un peu hâtive et un peu simpliste, peut décevoir, l'ambiance ne se fera pas oublier, me rappelant curieusement celle du Voleur d'éternité de Clive Barker, et il en ira de même pour la totalité du comic-book : Alice Cooper's The Last Temptation se révèle être une bande-dessinée fascinante et réussie. A découvrir.

   Egalement de Neil Gaiman, en bande-dessinée :
Harlequin Valentine, La comédie tragique ou la tragédie comique de Mister Punch, Violent Cases

   Egalement de Neil Gaiman, en littérature : American Gods, Anansi Boys
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /2007 13:24

Houppeland de Tronchet
Deux tomes, série terminée
houppeland.JPG

   Trouvé au hasard sur les étals de la médiathèque, à quelques jours de Noël de surcroît.

   Houppeland se déroule dans une dictature totalitaire, qui n'est pas sans emprunter beaucoup d'éléments à la dictature hitlérienne. A une différence près, qui créé toute la bande dessinée : Noël y est imposé tous les soirs, sous peine d'être arrêté par les Joyeux Drilles, les gendarmes locaux. Dans ce monde sans scrupules, où chaque soirée se déroule au son de la dinde qui grésille dans le four ou des verres d'apéritif qui s'entrechoquent, un quidam, qui comme beaucoup se plie aux règles instaurées par cette société totalitariste, va tomber amoureux d'une jeune rebelle, et va tout faire pour la rejoindre, transgressant par là les interdits dressés par l'Etat.

   Houppeland est complètement délirant, de ses premières cases jusqu'à sa résolution finale. Etant court (deux tomes seulement), son seul défaut est à vrai dire de nous laisse sur notre fin, le lecteur n'étant pas sans en redemander. A part ça, le délire est complet, on rit à en perdre le souffle, au fur et à mesure que Tronchet réexploite tous les poncifs du genre, nous présentant la dictature sous tous ses aspects, mais sous l'angle de Noël. Ainsi ont lieu aux carrefours des contrôles de bonne humeur (où on demande au chaland de souffler dans le ballon), ainsi des GIGN en habits de Père Noël armés de fusils à pompe font-ils irruption dans des groupuscules terroristes dont le crime odieux est de recherche le malheur en déjeunant à la biscotte sans sel et aux raviolis crus, ainsi toute personne grippée, risquant de gâcher les fêtes, est-elle incarcérée à la Santé, etc.

   La totalité de la bande-dessinée, au dessin assez simple mais par là assez libre, est dans la même veine déjantée, d'autant plus qu'un coup d'Etat va changer la fête jusqu'alors primordiale pour l'Etat (je n'en dis pas plus). On aurait pu craindre, le film partant dans cette direction, le cataloguage, Tronchet nous montrant tout ce qu'il est capable d'imaginer comme délire en partant d'une fête, mais non : la surcharge de gags tant crainte n'arrive pas, et on ne se lasse pas de la bande dessinée, jusqu'à ses dernières pages certes attendues mais dans la même veine caricaturale et délirante que le reste.

   En somme, Houppeland est une bande dessinée complètement délirante, à ne surtout pas manquer.

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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /2007 21:16
Priest de Min-Woo Hyung
14 tomes, état de la série inconnu

      Attention : la couverture ici représenté en’est pas celle du premier tome, mais celle du cinquième (je la trouve plus sympathique).

      Pour cette série, j’en suis au tome 6 ou 7 au moment où je rédige cette critique.

      Je présente là un manhwa, c’est à dire pour les non-initiés un manga coréen. L’originalité de l’ouvrage tient en deux choses principales.

      Tout d’abord, le décor : Priest est un western, qui se passe dans le Far-West le plus lugubre qui soit. L’histoire : alors que la bande des Mat Riders part à l’assaut d’un train afin de délivrer leur chef, ils sont assaillis par d’étranges créatures, des sortes de morts-vivants. Ivan Isaak, prêtre mystérieux se trouvant à bord du train, semble en savoir à ce sujet…

      L’histoire est assez étrange, et peut paraître dénué d’intérêt dans les deux premiers tomes, car ceux-ci sont plus des accumulation de combats qu’autre chose. Mais l’histoire devient intéressante au troisième, où l’on raconte l’histoire d’Ivan Isaak. On suit alors une histoire sur plusieurs plans, se déroulant du Moyen-Âge jusqu’à nos jours, afin d’expliquer la vie d’Ivan Isaak (l’action évolue ensuite, mais je n’ai pas encore atteint ce point de la série, car le prochain tome que je dois lire semble avoir disparu de la médiathèque).

      Mais le second et principal intérêt du livre, c’est son dessin. Car, loin d’utiliser un graphisme habituel de manga, l’auteur (je ne me risquerais pas à répéter son nom) adapte son style de dessin au genre, et le manhwa prend alors des allures de vieux comic américain, dans un effet des plus réussi.

      En somme, un livre que je conseille à tous les amateurs de western, mais pas aux âmes sensibles, à cause de la violence de la série.

Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /2007 21:12
Larme Ultime de Shin Takahashi
7 tomes, série terminée

      Le titre de la série est sous-titré : Le dernier chant d’amour sur cette petite planète.

 

      A vrai dire, le seul shojo que j’ai apprécié, si l’on excepte certains mangas délirants de Rumiko Takahashi. L’histoire : de nos jours, dans une petite ville du Japon, deux lycéens, Shûchan et Chise, vivent une histoire d’amour platonienne, jusqu’à ce que la guerre éclate, et que Shûchan s’aperçoive que le corps de Chise cache un secret.

 

      C’est très poétique, très beau, et le dessin, essentiellement constitué de trames, accompagne à la perfection l’ambiance, l’histoire du manga. L’œuvre est à prendre entièrement aux sens métaphoriques et poétiques, et l’histoire n’est qu’un prétexte à cette poésie et surtout, surtout au message transmis.

 

      Larme Ultime est un appel au pacifisme, et l’on y montre toute l’horreur de la guerre : la façon dont elle frappe sans prévenir, le cortège de catastrophes qu’elle laisse, etc. A pas un seul moment on ne saura qui se bat contre qui, ou quel est l’enjeu des combats. Certains personnages sont ainsi véritablement angoissants, et d’autres très tristes (l’œuvre est d’ailleurs dans son ensemble assez pessimiste). Y est parfaitement décrit l’enchaînement de violence que la violence provoque (la guerre se ressent de plus en plus au fur et à mesure des sept tomes).

 

      En somme, un très bon manga, que je conseille à tout le monde, en particulier poètes et engagés.

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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /2007 21:10
Tajikarao (l’esprit de mon village) de Kanji Yoshikaï et Jimpachi Môri
5 tomes, série terminée

      A la limite, le seul reproche que l’on puisse faire à cette histoire est le fait qu’elle soit courte, mais après tout, les meilleures histoires sont les plus courtes. L’histoire : un petit village du Japon est habité par une population essentiellement âgée. Mais la survie du village est mise en péril par des yakusas désireux de récupérer les dettes de jeu d’un des membres de la communauté. Le seul espoir des anciens réside en la venue au village de deux jeunes de Tokyo.

      L’histoire est très belle, très originale et, c’est là que je salue les mangakas, ne tombe à aucun moment dans le cliché ! Une excellente maîtrise de la série, un scénario passionnant d’un bout à l’autre, et un dessin comme il faut, qui conserve à chaque instant l’ambiance du manga.

      L’histoire est également une sorte d’ode à la vie, et un hymne écologique. On plonge également dans les anciennes mythologies, et le monde créé acquiert une dimension poétique.

      En somme, un excellent manga que je peux ici conseiller à tout le monde presque sans restriction.

Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /2007 21:08
Monster de Naoki Urusawa
18 tomes, série terminée

   Réécriture de la critique, pour cause de série enfin lue entièrement.

   Monster raconte l'histoire du docteur Temna, brillant chirurgien japonais officiant à Düsseldorf, en Allemagne de l'Ouest, en 1986. Un jour, il décide de désobéir aux directives de son supérieur qui lui enjoignait de soigner le maire de la ville, pour sauver de la mort un jeune garçon, Johan, blessé d'une balle en pleine tête. L'opération se passe bien, mais Johan et sa soeur jumelle disparaissent. Dix ans plus tard, Johan réapparaît : il est devenu un monstre, un tueur en série. Temna va se lancer à sa poursuite, pour le tuer.

   S'étalant sur 18 tomes, Monster va montrer, au fur et à mesure que les étapes seront franchies, une intrigue bien plus complexe que cette simple traque de tueur en série qu'est celle de Johan par Temna. Tout autour des deux protagonistes vont surgir quantité de personnages secondaires ou principaux : tueurs en série, psychologues, flics pourris, enquêteurs et détectives, prostituées, néonazis, mafieux, terroristes, membres des anciennes polices secrètes d'Europe de l'Est, médecins, ou tout simplement gens simples. Tous ces personnages auront leur importance dans l'intrigue, plus ou moins grande, de même que leur inculpation réelle dans l'histoire de Johan se révèlera être sombre (de ce pojnt de vue, j'ai une préférence pour les personnages de Roberto et Grimmel, tous deux excellement trouvés). Les positions de Temna et Johan vont elles-mêmes évoluer, pour ce dernier en particulier, qui finira lui-même par rechercher la vérité sur qui il est réellement.

   La série apparaît comme une formidable saga noire, dans une Allemagne qui se remet encore de la guerre froide et de l'occupation communiste, une partie se déroulant également dans un Prague de conte de fées, mais également glauque. L'ambiance est formidable, glauque à souhait, parfois terriblement inquiétante (on retiendra à ce titre la fin du tome 1, meurtre d'une puissance psychologique étonnante, et qui n'est que le prélude à la série). Le dessin, particulièrement sobre, et s'affinant avec les épisodes, accompagne à merveille l'ambiance de l'oeuvre.

   Le manga est également très creusé sur le plan psychologique : ainsi, pour le docteur Temna lui-même se pose la question de la culpabilité, le médecin se sentant responsable, ayant sauvé la vie de Johan, de la survie de celui qui sera appelé le Monstre. Cet aspect également se révèle être très poussé.

   Faiblesse toutefois de la série : le temps de sa mise en route. L'ensemble se révèle être relativement simple jusqu'aux évènements de Munich, et la fusillade qui clôturera ces évènements, soit à peur près aux alentours du tome 9. C'est là que l'intrigue deviendra réellement intéressante et recherchée, car c'est là que Johan quittera sa simple position d'assassin pour devenir plus mystérieux encore.

   En somme, Monster est l'un des mangas les plus réussis, les plus originaux et les plus prenants qu'il m'ait été donné de lire à ce jour. Il faut se plonger dedans de toute urgence, si ce n'est déjà fait.
Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /2007 21:04
DrAgon HeAd de Minetaro Mochizuki
Dix tomes, série terminée

   En général, je n’aime pas trop ce que fait Pika Editions, excepté GTO et Get Backers. En l’occurrence, une magnifique exception, car DrAgon HeAd est mon manga favori. L’histoire, qui n’est pas très joyeuse. De nos jours, au Japon. Les élèves d’une école (collège ou lycée) reviennent de voyage de classe en train. Le train passe sous un tunnel, et là accident mystérieux : trois survivants. Ceux-ci vont tenter de s’échapper du tunnel effondré dans lequel ils sont coincés.

   Alors, c’est très glauque, et terriblement angoissant, en particulier le premier tome. C’est également un peu sanglant, et je le déconseille aux âmes sensibles, mais plus à cause de l’ambiance très bien réalisée (on s’y croirait) que du sang qu’on peut apercevoir ici et là. Mais attention, DrAgon HeAd n’est pas un simple manga catastrophe, à l’image des films du même nom. En effet, toute l’histoire ne se déroule pas dans le tunnel de la catastrophe, et l’on rencontre d’autres personnages. Mais je n’en dirais pas plus.

   Enfin, au fur et à mesure du manga est créée toute une réflexion autour de la peur, de la souffrance, de la folie et de l’être humain, réflexion d’ailleurs très intéressante.

   En somme, un excellent manga, que je conseille à tout le monde (sauf âmes sensibles).

   Du même auteur : La dame de la chambre close.

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Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 18:18
Violent cases de Neil Gaiman et Dave McKean

   Bande dessinée datant à l’origine de 1987, rééditée récemment.

 

   L’histoire : un homme s’adresse tout d’abord au lecteur, et entreprend de lui raconter son histoire. Il explique ainsi comment, suite à un différent avec son père, son bras est cassé. Il est alors emmené chez un ostéopathe, qui se révèle être le même que celui d’Al Capone…

 

   On pense très vite à Mon étrange petite sœur et les prisonniers d’Alcatraz, à cause de l’Al Capone en question. La ressemblance s’arrête là, car le reste du livre est complètement hors normes. On retrouve l’ambiance des nouvelles de Miroirs et Fumée, un humour léger, un ensemble assez mystérieux, des personnages mêlant habilement banalité et originalité. Le tout accompagné de nombreuses références à l’époque où se passe l’histoire (des affiches de films par exemple, comme celle du Faucon Maltais avec Bogart).

 

   Le dessin de Dave McKean accompagne superbement le texte, car restituant à la perfection cet ambiance, dans des tons bleus, gris et bruns, parfois à la limite du noir et blanc. De temps à temps, des petites pointes de rouge surgissent, dans les souvenirs de personnages. La peinture mélange habilement le travail de McKean avec un important travail sur les photos, les affiches de films, les anciennes réclames, etc.

   En somme, une bande dessinée vraiment excellente, assez spéciale et, pour reprendre ce que dit Gaiman en introduction, destinée à ceux qui n'aiment pas lire de la bande dessinée (mais aux autres aussi).

   Autre collaboration entre Neil Gaiman et Dave McKean, en bande-dessinée : La comédie tragique ou la tragédie comique de Mister Punch

   Egalement de Dave McKean, en cinéma : Mirrormask

   Egalement de Neil Gaiman, en bande dessinée : Harlequin Valentine
, Alice Cooper's The Last Temptation

   Egalement de Neil Gaiman, en littérature : Anansi Boys, American Gods.

Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /2006 20:00
Route vers l'Enfer de Goossens
 

   Sélectionné au hasard dans la liste des livres familiaux empruntés à la médiathèque pour le mois, je n’ai pas regretté et je remercie la chance.

 

   L’histoire (si on peu tout au plus l’appeler comme telle) : en gros, on commence par assister, en pleine situation de guerre, à un conseil de généraux de la plus haute importance. Mais qui se trouve parmi ces généraux (indice : regardez la couverture). Le père Noël, bien sûr !

 

   On assiste donc à une BD complètement délirante, où sont exploités tous les clichés qu’il soit possible d’emprunter au monde de la guerre, clichés parodiés (par exemple, le type qui passe avec son chariot de courrier, distribuant deux ou trois lettres et, alors que son chariot est encore plein à craquer, annonce : ‘‘Le reste est pour le père Noël.’’). C'est toute une guerre qui se déroule ici, et de laquelle le Père Noël est un des acteurs principaux.

 

   Le tout dessiné dans un graphisme très adulte et viril : la rudesse de la guerre, les séquences émotion, les salles enfumées par les cigares où se prennent les décisions, les camps de redressement, etc.

   En somme, une BD complètement délirante et absurde, à lire absolument.

Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /2006 19:08
La dame de la chambre close de Minetaro Mochizuki

   DrAgon HeAd a du me rester dans l’esprit, car j’ai acheté celui-là sans hésitation (vous remarquerez le changement d’éditeur, qui m’a donné bien du mal à le trouver).

 

   L’histoire : Hiroshi est un étudiant en fac. Un beau jour, une femme mystérieuse se met à tambouriner à la porte de l’étudiant qui vit à côté, un dénommé Yamamoto. Les deux personnages vont être amener à se rencontrer.

 

   On retrouve le même dessin et la même ambiance que dans DrAgon HeAd, soit un ensemble, sans être terrifiant, terriblement angoissant. Pas d’effusions de sang, pas d’horribles monstres, la majorité des évènements effrayants sont suggérés, et toute la peur que le lecteur peut ressentir s’appuie beaucoup sur le psychologique. Pas de questions posées, comme les interrogations philosophiques de DrAgon HeAd sur la peur : tout est axé sur cette femme mystérieuse, terrifiante, un symbole cauchemardesque ici personnalisé par l'auteur.

 

   Le suspense dure ainsi jusqu’au dernier moment (c’est pour dire, on trouve un point d’interrogation après le mot FIN). Seul bémol, peut-être : une fin un peu étrange qui peut ‘‘casser’’ la peur du lecteur (mais vu qu'il s'agit de la fin de l'ouvrage, cette cassure est toute relative).

   En somme, un très bon livre, très angoissant, qui date de 1993. En plus, c'est en un seul tome, donc pas beaucoup de frais.

   Du même auteur : DrAgon HeAd.
Par big-cow - Publié dans : BDs et mangas
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