Nanars

Mardi 1 avril 2008 2 01 /04 /2008 20:47
American Samouraï
Un film de Sam Firstenberg

   Merci à Nicolas "Je suis un péché d'orgueil" M. pour le DVD.

   American Samouraï raconte l'histoire d'Andrew Collins (call him Drew), américain élevé par un samouraï après que ses parents se soient écrasés en avion dans la jungle japonaise, quand il n'était qu'un bébé. Toutefois, son frère (enfin, le fils de l'homme qui l'a recueilli) Kenjiro est ivre de vengeance, et l'attire en Turquie par une série de meurtres, dans le but de le tuer et de devenir le meilleur samouraï.

   Si American Samouraï, sur une appréciation globale, ne peut être amené au niveau d'un grand nanar, possédant trop de qualités (enfin, ça fait bizarre de dire ça, mais il faut dire que certains combats ne sont en vérité pas assez mous et parfois même un peu trop stylés pour être drôles et ridicules), il conserve néaumoins de nombreux petits détails amusants qui sauront ravir ceux qui, comme moi, aiment traquer les petits défauts qui font tout le charme du nanar, privilégiant l'amusement subtil à la grosse rigolade.

   Ainsi, premier détail particulièrement amusant de American Samouraï, avant même que le boîtier DVD n'est été ouvert : son réalisateur inexistant. Il m'a fallu passer sur Cinétroc pour en trouver le nom, celui-ci étant totalement occulté de la jaquette, y compris dans l'espèce de petite fiche technique qui accompagne tout film (l'espèce de petit texte avec les lettres démesurément hautes qui se trouve en bas de chaque pochette de DVD). Aurait-il tenté de masquer au dernier moment son identité - entreprise qui se serait alors soldée par un échec ? Est-ce un oubli ? Aurait-il été enlevé par des forces démoniaques (probablement des samouraïs voulant se venger de l'affront qui leur est ici fait) désirant effacer toutes traces de son existence ? Le mystère reste entier.

   Rions un peu plus, et découvront les premières minutes du film, où se déroule l'accident d'avion dont j'ai parlé ci-dessus : on sent venir le trucage foireux, et en effet, on filme seulement le cockpit et la vitre arrière sans créer de plans entiers de l'avion, si ce n'est quelques stockshots (expression tirée à Nanarland : vol d'images appartenant à d'autres films documentaires, ou à d'autres films du même réalisateur). Sauf que quand on observe la vitre arrière, on a la joie d'apercevoir dans son reflet un visage féminin qui n'a à vrai dire rien à faire ici, et que je soupçonne d'être celui d'une des assistantes de Firtenberg qui passait là par hasard. Première finesse de réalisation, premier contact avec American Samouraï, premier fou rire.

   Les autres surviendront vite, mais il faudra attendre la fin du film pour retrouver le genre de petits détails croustillants de cette introduction. En éléments drôles, on peut citer pêle-mêle un jeu d'acteurs terriblement mou et inapte à convaincre, des personnages formidables dans le sens où ce sont tous de somptueux clichés, quelques combats assez crétins (ceux avec Harisson par exemple), le doublage de David Bradley (Andrew Collins) tellement plat qu'il en devient surréaliste, des leçons de pseudo-philosophico-poético-samouraï très drôles (car "Le sixième sens sera l'oeil de ton esprit qui te montrera la voie du futur" et plein d'autres fumisteries dans le même genre), une musique terriblement niaise et tentant désespérément de se donner un air Japon en soufflant dans quelques flûtes et quelques bambous, de nombreux autres stockshots, etc.

   Le rythme se fait assez soutenu, ce qui permet au spectateur de ne pas s'ennuyer. Si l'ensemble tend rarement vers le nanar, on saluera toutefois quelques moments d'ivresse, la plupart tirés dans ceux cités précédemment, auxquels il serait bon d'ajouter la scène d'entraînement assez stupide de Collins, ainsi que sa romance avec une photographe assez stupide également, romance expédiée, particulièrement inutile, d'autant plus que Firstenberg ne se permet même pas un plan nichon (par contre, les plans pectoraux ne sont pas en reste).

   On arrive alors au combat final, que gagnera Collins (naaaaan...) en tuant Kenjiro d'une manière des plus absurdes. Sans vouloir décrire les artifices d'ingénierie qu'emploie notre héros (et je dirais juste qu'ils dépassent les lois de la physique, de la logique et de la pesanteur, mais on est plus à ça près franchement), j'attirerais l'attention du spectateur sur le fait qu'à part dans leurs derniers mouvements, avec la mort de Kenjiro, jamais les deux combattants n'ont été filmé ensemble (si un processus semblable est utilisé pour les autres combats, je n'y ai pas pris garde) : en effet, jamais ils n'apparaîtront dans le même plan si ce n'est au repos, et les images de combat sont toutes prises en plan américain, permettant au spectateur de voir les affrontements de lame mais pas le réel duel. Un procédé qui montre ses limites dans un plan somptueux et très drôle, alors que le plan se concentre sur Kenjiro, à un des moments du combat : celui-ci pare à tout va ce qu'on voit être une lame, une lame qui, au lieu d'être le grand sabre de Collins, apparaît munie d'un pompon rouge, exactement le même que celui qui ornait l'épée du précédent adversaire de Kenjiro, comme de par hasard. Le réalisateur aurait-il tourné ses combats sous plusieurs angles pour pouvoir en récupérer les images ?

   En somme, si American Samouraï n'est pas un nanar de haute volée, étant parfois trop "bon" notamment dans certains combats, il est toutefois suffisament raté pour en devenir risible et plaisant.
Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 16:36
Metamorphosis, The Alien Factor
Un film de Glenn Takakjian
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   Dernier nanar en date, dans la droite lignée de Shadow Creature pour le genre (et la qualité, bien sûr).

   Metamorphosis est un nanar joyeusement crétin, du début des années 90. L'histoire commence par la mort d'un agent de sécurité, tué par une espèce de monstruosité qu'on ne peut apercevoir, car plongée dans l'ombre. Lz créature en question se révèlera être, après quelques flashbacks, ni plus ni moins que le professeur Michael Foster, chercheur en génétique, qui aurait découvert des souches de vie extraterrestre. Les inoculant à une grenouille (qui n'a de grenouille que le nom, d'ailleurs), il se fera mordre par celle-ci et mutera en une effroyable créature qui ne pensera qu'à dévorer la plus grande partie du casting. Au milieu de ce joyeux foutoir viendront se jeter Sherry et Kim, filles de l'agent de sécurité mort au début, et à sa recherche.

   Metamorphosis attaque très fort, avec sa seule jaquette, qui nous offre deux magnifiques phrases : ainsi nous explique-t-elle que "seul le canon atomique peut arrêter [la créature]", laissant augurer le meilleur quant au reste du film, et ainsi tente-t-elle de plaider la carte du gore pour vendre son film, nous offrant ce formidable double sens : "Des effets spéciaux à la limite du supportable". Mais je reviendrais sur ce point.

   Metamorphosis est tout d'abord une bonne soupe de stéréotypes, en particulier du point de vue de ses personnages : un grand méchant crapuleux et désirant s'accaparer tout le mérite et l'argent possible ; le premier homme embauché par le méchant, blanc, avec ses bons côtés, mais néaumoins méchant ; le noir de service, une immonde crapule qui mourra dans les premiers (ça par exemple !) ; la gentille copine de Michael Foster qui continue à l'aimer malgré le fait qu'il ne ressemble plus à grand chose ; et bien sûr les trois protagonistes de l'histoire, les deux soeurs et le copain de Sherry, avec quelques mauvais côtés mais qui tous se repentiront de leurs défauts (sauf Sherry qui n'en a pas, faut pas exagérer non plus). Les dialogues suivent l'aspect profondément crétin de la chose, nous offrant quelques perles et en particulier les phrases dites par la voix féminine qui prévient des alertes dans le labo.

   Le scénario suit le shéma classique du "le monstre casse la croûte avec les personnages, les uns après les autres", jusqu'à la réduction inexorable du casting au nombre de trois protagonistes, menant lieu à un combat final pataux et ridicule qui verra la survie des deux soeurs (et du copain de Sherry, sorti d'on ne sait où, que tout le monde croyait mort mais qui a "eu de la chance"). Ce n'est à vrai dire pas la seule incohérence du film (par exemple, le blanc embauché par le méchant subira le même sort, son sang giclant sur les murs, pour finalement réapparaître, l'arme au poing.

   A vrai dire, cet aspect du film reste trop classique pour réellement prêter au délire, même s'il n'en reste pas moins amusant et distrayant (on se demande souvent jusqu'où certains vont s'enfoncer dans le poncif). C'est du niveau en premier lieu du jeu d'acteurs qu'il faut chercher la qualité de Metamorphosis, celui-ci étant outrancier à souhait (à retenir : la soeur rebelle (Kim) et le grand méchant). On commence déjà à bien rigoler de ce point de vue. Malheureusement, pour contrebalancer, Metamorphosis prend trop de temps à se mettre en place, et le début s'avère être particulièrement long et sans vraiment partir dans le délire.

   C'est quand la grenouille mord Michael Foster, dans un superbe flashback, qu'on découvre enfin les effets spéciaux du film, et que celui-ci prend des proportions dantesques sur l'échelle du délire. Je n'en dirais pas trop sur ce point, car il forme tout de même l'essentiel de Metamorphosis, mais pour ne donner que quelques exemples, c'est un superbe mélange de maquettes (un peu comme les premiers Godzillas), de carton et de latex. La scène de la grenouille et toutes seules où rentrera en action le monstre sont dans le même délire que cette formidable séquence. La qualité des décors est à l'égal de celle des effets spéciaux, le film n'utilisant guère que le même couloir, ainsi que trois pièces en carrelage et plastique.

   En somme, pas un nanar exceptionnel, mais néaumoins sympathique et assez drôle que ce Metamorphosis.
Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /2008 12:05
Mosquito
Un film de Gary Jones
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   Du beau nanar, celui-là. Du très lourd, avec beaucoup d'effets spéciaux foireux et une intrigue profondément débile.

   Mosquito débute par le crash, sur terre, d'une soucoupe volante : de la soucoupe, conçue sans originalité aucune, s'échappe le bras exsangue d'un extraterrestre en latex, bras sur lequel les moustiques ne vont pas tarder à se précipiter. La radioacivité qui se dégage du corps de l'alien ne va pas tarder à les transformer en monstres de deux mètres d'envergure, particulièrement féroces et avides, comme il se doit, de sang humain.

   Premier détail amusant, outre ce synopsis profondément crétin : la jaquette du DVD, qui donne à Mosquito "une dimension cauchemardesque digne des meilleurs récits de Lovecraft". Mouah ha ha ha ha ! J'en ris encore. Mieux encore, les effets spéciaux sont signés du même homme que celui qui a fait ceux de Batman et Robin, j'ai nommé Jake Jacobson, un nom à retenir. Enfin, le producteur est le même que celui du Blob, donc j'ai pu lire la très drôle chronique sur Nanarland.

   Mosquito, donc, démarrait déjà bien avant même que le DVD ne soit sorti de sa jaquette. L'attente fut à la hauteur de mes espérances, car le synopsis et le texte qui l'accompagne ne sont que le prélude à un magnifique désastre. On démarre gentillement par quelques images de synthèse et mannequins en latex assez risibles, avant d'embrayer sur les personnages principaux que l'on peut apercevoir rapidement : la personnage principale, intelligente dans le genre intelligence nanarde (on balance des évidences et comme on est entouré de crétins, ça passe pour un truc de génie) ; son petit ami très terre-à-terre (et là ça vaut le coup, je mettrais quelques dialogues après) ; le noir de service, expert en météorites, et qui survivra, fait étrange pour un nanar classique (mais explicable car il bosse à l'US Air Force) ; le gardien de camping pervers et geignard qui périra sans surprise ; et les deux méchants de service, le premier archétype parfait du "bête et méchant", nommé Junior (c'est pour dire) et qui héritera du rôle de comique de service, et le second, son grand frère, beaucoup plus intelligent et qui se rachètera de ses fautes à la fin. Bref, une belle brochette de stéréotypes.

   Les quelques plages de gags qui nous sont présentées au début tombent joyeusement à l'eau, mais heureusement, après ces quelques échecs, les attaques de moustiques démarrent bien vite (outre la grosse bêbête en mousse que nos héros écrasent en bagnole : "C'est un insecte !" "Mais non, c'est un oiseau !" parlementent-ils devant ce qui ne ressemble à rien d'autre qu'à un mannequin de moustique géant). On assiste vite à tant de scènes de carnage qu'on ne prend plus le temps de nous présenter les rôles secondaires qui se font transpercer les uns après les autres, mais on retiendra toutefois deux morts particulièrement drôles : la femme nue qui se fait transpercer la fesse et sucer tout le sang par là, et le pêcheur qui se fait transpercer l'oeil, le tout sans aucun réalisme. A noter que les moustiques eux-mêmes oscillent entre bestioles mécanisées, images de synthèse à trois francs six sous, mannequins en latex ou en mousse et dessins qui semblent faits à même la pellicule tant la qualité est médiocre (on les fait d'ailleurs bouger dans tous les sens pour que le spectateur ne puisse voir le détail).

   Une mort est à mettre à part, car dépassant le stade du comique pour tendre vers la perfection au niveau ridicule, dans une scène à pleurer de rire : il s'agit de la mort de Junior, mort que je ne me risquerais pas à décrire, d'une part car la tâche me paraît relativement impossible, et d'autre part car je préfère laisser le chaland la découvrir par lui-même si d'aventure il trouve le film.

   Enfin, un point à ne pas oublier, les dialogues. Ceux-ci, hilarants de débilité, laissent quelques perles magnifiques, et je me permets d'en citer deux : ainsi, quand est découvert le second cadavre de moustique, la fille s'exclame : "Mais c'est un [nom scientifique du moustique] ! Regardez, on reconnaît ici la trompe, et la les pattes qui ont telle forme !", et son copain, très terre-à-terre : "Mais pourquoi il est si gros ce fils de pute ?". Autre exemple (et là je tiens à préciser que les personnages n'ironisent même pas, c'est pour dire : "Il faudrait aller à la ville pour prévenir la police." "Excellente idée !", déduction faite alors que la menace est prouvée depuis longtemps.

   En somme, nanar de haute volée que Mosquito, où tout, dialogues, scénario, gags, effets spéciaux, tout est profondément débile.

   PS : relisant la critique, je m'aperçois que je n'ai pas fait mention d'un plan excellent, ou alors c'est juste que je relis trop vite ; toujours est-il que je me dois de rajouter une précision. Quand les personnages descendent à la cave pour la deuxième ou troisième fois, il est possible d'apercevoir, en bas d'un pilier, un curieux objet se mouvoir sans aucune raison. Je penche personnellement pour la thèse de la perche son.
Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /2007 11:00

Air Strike
Un film de David Worth
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   Un des premiers nanars qu'il me fut donné de voir, alors revu en ces périodes de fêtes.

   Europe de l'Est, après le 11 septembre 2001. Un puissant cartel de la drogue, dirigé par Ivan Ivanoubitch (ou un truc du même genre), alias Ivan le Terrible, commet des attentats terroristes en Pétrovie, probablement un pays d'ex-URSS eu égard aux membres de l'armée assez anti-américains, les fourbes. Toujours est-il qu'une escouade spéciale de pilotes d'hélicoptères, des soldats américains, et des vrais de vrais, tentent de pièger Ivan : mais un fourbe terroriste pétrovien parvient à tuer Jack. Le commandant de l'escouade va devoir appeler son frère pour le remplacer, ainsi qu'une autre pilote, une femme américaine, une vraie de vraie.

   Air Strike, c'est du gros nanar, du vrai de vrai, de la très haute volée, complété par une propagande pro-américaine des plus fortes (à la base, le film avait été vendu avec 5 autres dans un coffret orné d'une bannière US et nommé "American Heroes", rien que ça). Ca démarre plutôt gentillement : générique avec drapeau américain dans le fond, musique patriote, puis on voit la base américaine, les appareils de haute technologie (dont "la moitié sont encore à inventer", ce qui n'empêchent pas que les images sortant de ces appareils semblent sorties d'une mauvaise caméra numérique), et enfin on nous parle de Ivan : "baron de la drogue, traficant d'armes, terroriste, et on valui botter le cul". Deux trois scènes patriotes, discours et autres. On remarque que les acteurs, méconnus, cabotinent déjà. Puis c'est le décollage des hélicoptères, et avec, la furie.

   La furie dans le sens où, à ce point du film, et donc dès le début, on ne décroche plus. Car le décollage des hélicoptères, c'est l'entrée en scène de l'image de synthèse, une image de synthèse digne des débuts de la 3D au cinéma, mélange entre substance pixelisée et jouet hélicoptère tel qu'on les trouve dans des catalogues de jeux pour mômes. A ce stade, on bave devant l'écran tant le bonheur est grand, tant le potentiel nanar est pulvérisé. Le délire est total, les pilotes en rajoutent avec des exclamations de bonheur des plus ridicules, la musique aussi (du sous-rock/métal/punk illustrant le dynamisme de ces bons soldats), et les hélicoptères tirent des fusées de détresse (merci Jéré pour me l'avoir fait remarquer, c'est un des nombreux détails qui passent inaperçus tant il y en a).

   Bonne nouvelle, ce ne sera ni la première, ni la dernière scène d'action, et il y en aura même d'autres en hélicoptère, notamment l'affrontement final où Ivan fait preuve d'une cruauté sans pareil ("vous allez mourir, chiens d'américains, sales impérialistes !") jusqu'au retournement de situation où Jack lui lance une roquette et un superbe "Meurs, sale terroriste tueur d'enfants !". Encore aujourd'hui, je cherche les enfants en question.

   Le jeu d'acteurs est joyeusement mauvais, tout le monde cabotine, et en fait des masses dans la joie et dans la bonne humeur, et ce strictement sans exception. La palme revient à Ivan lui-même, doté de surcroît, en version française, d'un formidable accent russo-pétrovien et qui possède, pour l'oreille attentive, de délicats accents asiatiques. Les dialogues qui sortent de la bouche des personnages est à l'égal de leur prestation : j'ai déjà eu l'honneur de lancer quelques répliques qui ne sont qu'un infime fragment de ces superbes textes, mais de nombreuses autres, écrites dans une langue toujours aussi distinguée, parsèment l'oeuvre cinématographique que voici.

   Afin de ne pas trop faire durer l'article, je laisserais ces qualités nanardes de côté pour passer à une autre facette de l'oeuvre : la magnifique propagande américaine qui l'accompagne. En effet, si vous ne l'avez pas remarqué, Air Strike est honteusement pro-américain, affichant souvent des drapeaux, mélant pseudo rock et musique très patriote, exaltant le courage de ses soldats, en faisant abstraction également des réelles conditions de l'armée (Full Metal Jacket, Jarhead, Apocalypse Now nous auraient donc menti !), manichéen à souhait (et d'ailleurs, c'est pour cela qu'on peut se permettre de considérer Ivan comme un infanticide : il n'est pas américain, il est probablement sans morale aucune, alors que les soldats, eux, ont le sens de l'honneur). Là encore on nous offre quelques splendides moments d'extase (quand tous les soldats américains se mettent à chanter en coeur, après un victoire : USA USA USA USA), et quelques magnifiques phrases, notamment une que j'affectionne particulièrement : Jack est torturé, on veut le forcer à signer un papier, et il répond "Je ne signerai jamais votre papier. Ce serait un déshonneur pour Dieu, ma patrie et mes ancêtres". Ca se passe de commentaires.

   Jeu cabotin, effets spéciaux pourris, doublages ratés, scénario simpliste (bon, j'en ai pas trop parlé, mais ça se devine), et surtout ensemble pro-américain : Air Strike est un des plus grands nanars jamais réalisés à ce jour.

Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /2007 15:26

Terreur Cannibale
Un film de A. W. Steeve
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   Avec Terreur Cannibale, je fais une première incursion dans le nanar anthropophage, qui devrait normalement se poursuivre avec Mondo Cannibale : la déesse blonde, singulièrement barré à ce que j'en lis.

   L'histoire (enfin, "histoire") de Terreur Cannibale, c'est celle de trois voleurs à la petite semaine, Rita, Mario et Roberto (ah ! Ca sonne déjà bien bis italien, ça) qui décident de kidnapper la petite Florence, fille d'un grand patron de l'automobile, afin de gagner de l'argent avec la rançon. Trouvant refuge dans la jungle d'Amérique du Sud alors qu'ils se cachent de la police, ils subiront les assauts d'une troupe de cannibale après avoir provoué le courroux de leur logeur en violant sa femme.

   La grande particularité de Terreur Cannibale, c'est qu'en vérité, malgré ses 1h33 dont il se targue, il ne dure qu'une vingtaine de minutes : c'est là la force de ce nanar qui, je tiens à le préciser, reste difficile à visualiser car singulièrement ennuyeux. Effectivement, l'histoire tenant sur un post-it, détails inclus, le film n'est que remplissage, l'art du "filmez pour ne rien dire" étant là porté aux nues, au faîte du talent cinématographique alors que rien, mais strictement rien ne se déroule. Je m'explique : prenant la fuite éperdue du groupe de truands à travers la jungle, alors qu'une femme dont j'ai oublié le patronyme (et qui dans tous les cas finira sur un barbecue) les conduit en voiture : ils se rencontrent, se regardent (dans une tentative follement drôle de se faire passer pour un film itnellectuel ou d'auteur, alors que le réalisateur n'a visiblement pas compris que ce n'est pas le caractère emmerdant de certains de ces films qui en fait la force), échangent deux ou trois paroles particulièrement platoniques, montant (avec beaucoup de lenteur, il faut le dire) dans la voiture, et là s'enchaînent d'incroyables séries de promenades en voiture dans un jungle qui ressemblent à n'importe quel maquis : on fait un plan fixe sur la jungle/maquis, on attend cinq secondes, la voiture rentre dans le champ de vision, on la suit, elle disparaît derrière un arbre, on attend encore cinq secondes et on recommence sur un autre plan. Et comme ça une bonne dizaine de fois, et à chaque scène de déplacement des personnages, c'est ça le pire ! J'imagine sans peine A. W. Steeve, à l'image du complot des vieux du Groland : "Allez, plus lentement, plus lentement, pourissez-moi ça !"

   Ainsi, si on supprime ses passages, le film perd une bonne heure, heure par ailleurs complètement inutile : ce procédé de ralentissement est assez risible au début (et ce dès la première scène, une fois passés les stocks-shots qu'on nous renverra très souvent, un autre bon point pour compléter les minutes), puis on finit par s'ennuyer, puis par s'emmerder profondément, avant de basculer dans une dernière phase où on est atteint, sans aucune raison, de rires nerveux et, j'en suis sûr, entièrement dus à la pression de l'ennui, rires nerveux qui vont en s'accroissant : ainsi, moins il se passe quelque chose, et plus on délire sans aucune raison.

   Heureusement, le formidable doublage français et l'excellent jeu des acteurs viennent compenser avec force ridicule le tout : de ce point de vue, la scène de viol (les deux protagonistes éant encore en très grande partie habillés) touche à la perfection, tellement la situation apparaît comme caricaturale et invraisemblable (et à vrai dire, rien que pour les cris de douleur forcés, on pleure de rire).

   Et enfin, dernière grande force de Terreur Cannibale : ses cannibales, quelques figurants en slip et peinturlurés, qui trimballent leurs mains dans des grands morceaux de barbaque probablement récupérés chez le boucher local, et proférant des "Miam miam miam !" qui laissent à nouveau attester de la qualité du jeu des acteurs. Le scénario réserve aussi son lot d'amusement, par sa simplicité des plus totales, ses quelques incohérences et son originalité débordante.

   En somme, quelques morceaux de choix très franchement nanars dans Terreur Cannibale, mais un ensemble quand même très proche du navet très chiant et qui ne se regarde pas facilement.

Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /2007 23:11

Batman et Robin
Un film de Joel Schumacher
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   Nouvel épisode de la sage Batman, où celui-ci, aidé de Robin puis de Batgirl (excusez l'originalité) doit sauver Gotham City de Mr. Freeze, voulant faire régner sur la ville un hiver éternel, et de Poison Ivy (accompagnée de son homme de main Bane), ayant créé une race mutante de plantes à tête de vipères afin de coloniser la planète et d'en raser l'espèce humaine.

   Nanar très drôle, très nanar : il apparaît que Schumacher est au nanar ce que son homonyme est à la Formule 1, car la victoire est là : on s'amuse comme un fou durant les deux heures que durent le film, alors que rien, du jeu des acteurs au scénario, des dialogues aux décors, ne nous est épargné. Aucun temps mort ne s'insère dans le film, la joie est à son comble.

   Les acteurs tout d'abord, et le choix très judicieux (sur un point de vue nanar, bien sûr) de mettre dans le rôle de Batman Georges Clooney, qu'on imagine mal exécuter les cascades de l'homme chauve-souris : le résultat est à la hauteur des espérances, car Clooney est affligé d'une molesse incroyable, toutes ses chorégraphies semblant s'exécuter au ralenti (sans que cela ne déstabilise toutefois le résultat de ses affrontements). On lui retrouve la même absence dans les phases moins actives, où il semble continuellement perdu dans ses pensées, comme non-concerné par les caméras tournant à quelques mètres de lui. Clooney n'est toutefois pas le pire, car tous les acteurs rivalisent de cabotinage : Schwarznegger en Mr. Freeze tentant de se donner la constance d'un homme meutri et malheureux (et on admirera la scène où il tombe dans une cuve à -100°, avec ce splendide "Arghhhhhhhh !"), Uma Thurman en Poison Ivy au jeu pitoyable, Alicia Silverstone (Batgirl) et l'acteur jouant Robin (je ne sais plus qui) tentant chacun de surpasser l'autre en médiocrité ; plus toute une pléiade de rôles secondaires : Alfred, le vieux domestique (avec une voix proche de celle du Pompadour de Babar, fait qui m'a profondément marqué), Bane, masse de caoutchouc posée sur les épaules d'un acteur tout juste capable de grogner (enfin, d'essayer), et tout une série de rôles "comiques", comme le savant fou (probablement drogué : aucun être humain ne jouerait aussi mal consciemment) ou le commissaire de police (dans un état un peu moins grave, mais néaumoins affligeant).

   Le scénario ensuite, des plus banals, mais assez amusants quand il tente de se donner des airs de tragique (ah ! Le délire quand les larmes que produit Freeze gèlent sur sa peau !) : toute scène de pathos tourne au grand burlesque, toute scène de tension ou de suspense porte aux nues (si ce n'est l'épectase), toute scène tout court en fait provoque l'hilarité. On appréciera beaucoup les passages semblant complètement improvisés, écrits dans les transports en commun en cinq minutes avant d'arriver sur le lieu du tournage, comme ce recours systématique aux rebondissements gratuits (le combat final contre Poison Ivy, l'apparition de Batgirl, la mort de Bane avec une idée des plus absurdes, etc.). Autre moment très drôle également, la dispute extrêmement crédible entre Batman et Robin, laissant place à une absence de surprise sans précédent.

   Dialogues très drôles également, pas pour les mêmes raisons mais joignant tout de même efficacement leur aide à l'avènement du désastre final. Tout d'abord les dialogues tragiques qui, à la manière du scénario, sont particulièrement amusants, car récités avec un ton faussement la plupart du temps (sauf dans le cas de Clooney qui récite le tout comme une poésie au primaire) et appris par coeur, donnant lieu à des structures de phrases des plus verbales et des plus ampoulées. Mais le film est en grande partie composé de ce qui se voulait être de l'humour dans la tête des scénaristes, et qui n'en porte que le nom (et encore, c'est contestable) : ainsi vit-on des accumulations des jeux de mots les plus lamentables possibles, les plus simplistes et les plus crétins, se succédant tellement souvent, et étant tous tellement mauvais, qu'il est impossible de ne pas se moquer des dialoguistes, eu égard au niveau extrêmement lamentable de leur travail.

   Les effets spéciaux ensuite, tous très ridicules, faisant preuves d'incrustations pas franchement réussies, voire drôles, mais attestant également d'une forte prédisposition de l'équipe du film à l'utilisation massive du polystyrène et du carton. Très drôles également les statues de glace forgées par Mr. Freeze à l'aide de son fusil à glaçons, probablement achetés moins de 10 dollars à la supérette locale.

   Mais le plus beau dans l'oeuvre de Schumacher, ce sont les décors, et le goût de la mise en scène avec lequel il les meublent : ainsi le carton-pâte et les machins électroniques sont-ils de rigueur (voire les plantes pour le domaine de Poison Ivy, pseudo forêt luxuriante des plus amusantes), et on arrive au développement d'une véritable religion du kitsch outrancier, tellement il tapisse murs et sols (je ne m'étends pas dessus, l'accumulation serait trop grande, mais ça commence dès la première scène). Mais ces décors ne seraient rien sans les magnifiques couleurs qui les bercent, me faisant croire à la daltonie de Schumacher : aucun être vivant, aussi écoeurant soient ses goûts esthétiques, ne peut là encore arriver à un résultat. Dès le premier plan, au générique de début (où on assite d'ailleurs à l'habillage de nos héros, les caméras se centrant avec subtilité sur leurs postérieurs qui nous seront montrés encore de nombreuses fois), à l'apparition du titre du film s'accumulent en deux secondes des fumées vertes (mais vert vert, vert pomme, sans sobreté ni nuance), jaune et rose, le tout dans un ensemble des plus écoeurants, particulièrement choquants pour toute personne se voulant artiste. Il apparaît bien vite que l'atteinte au bon goût du réalisateur ne se limite pas à cette abominalbe palette de peintures, car fumées et projecteurs de toutes teintes nous acocmpagneront encore pendant deux heures. Ainsi, si le coeur vous en dit, n'hésitez pas face à Batman et Robin, l'un des nanars les plus drôles que j'ai vu.

   Du même réalisateur, en cinéma : Phone Game

Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Mardi 6 novembre 2007 2 06 /11 /2007 21:06

Steel Frontier
Un film de Paul G. Volk et Jacobsen Hart
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   Un nanar de plus, pour moi qui ait eu la chance de découvrir, sur Nancy, une petite boutique de DVDs qui m'approvisionne régulièrement, pour presque rien.

   Steel Frontier, c'est un genre de nanar auquel je m'attaque pour la première fois : le western post-apocalyptique. Sur une planète ravagée par la guerre nucléaire, la petite communauté de survivants New Hope est attaquée par les troupes de mercenaires du général Quantrell. Un espoir se dresse : Yuma, aventurier solitaire, qui va intégrer l'armée de Quantrell pour mieux la détruire de l'intérieur.

   Un nanar un peu trop simple à mon goût, car parfois pas assez nanar, justement, là où il pourrait facilement tomber dans le gouffre du ridicule, préférant marcher sur la corde de la médiocrité. Toutefois, quelques bons moments de rigolade habitent le film, et tout d'abord dans sa jaquette, où l'on nous dit que les duels sont "tous droit sortis de chez Sergio Leone". On lit ça, on repense à "Le bon, la brute et le truand", et à sa fusillade finale tenant du chef-d'oeuvre, et on s'amuse déjà beaucoup. Et pour cause, les duels n'ont d'étonnant que leur platitude, entre notre cow-boy d'opérette Yuma et ses adversaires, parfois jusqu'au nombre de six, sans pour autant que le suspense en soit altéré. Yuma les flingue avec superbe (ironie, bien sûr), range son colt et nous sert à chaque fois une réplique d'antologie, tellement les dialogues accumulent les poncifs.

   Autre détail particulièrement amusant : les personnages. D'une part les habitants de New Hope, déchirés entre l'idée de défendre leur cité (et c'est un vrai massacre de figurants, laissant pour seuls vivants les protagonistes principaux à la fin du film), avec une mention spéciale sur l'enfant qui tue un soldat avec un lance-pierre, lui enfonçant le caillou au beau milieu du front. Deuxième groupe, les méchants, affreux et bêtes comme on pourrait s'y attendre, qui finissent tous par mourir. On appréciera tout particulièrement la crapule qui se fait broyer dans la machine servant à brûler les pneus pour faire du pétrole (oui, l'aspect technique est également très réaliste).

   Enfin, dernier personnage important, notre héros, cowboy d'opérette, particulièrement ridicule d'une part car atteint d'une impossibilité de tenir un rôle crédible (en témoigne la jaquette du DVD) et d'autre part car se noyant dans les clichés du cowboy solitaire : vivant seul, se battant (pardon, se déhanchant) comme personne, jouant de l'harmonica dans ses moments de solitude, supportant sans problème la douleur (sauf quand une femme le soigne), inséparable de ses deux colts, rapide comme l'éclair, capable de survivre sans problème dans le désert et de survivre aux radiations (d'ailleurs, les dudits radiations doivent avoir des effets secondaires sur la rigidité des corps, tellement celle-ci s'effectue rapidement), etc. Personnage très amusant, donc, illuminant le film par ses apparitions.

   Enfin, dernier détail très drôle, la façon dont, pour masquer le côté très système D des décors et des effets spéciaux, les réalisateurs ont sans cesse recours au maximum d'explosions, explosions de n'importe quoi d'ailleurs, mais explosions quand même. Remarquez, ça permet également de masquer le jeu outranciers des figurants et des acteurs.

   En somme, petit nanar malheureusement pas assez ridicule, mais quand même composé de quelques éléments particulièrement drôles, en particulier les personnages et les accumulations de poncifs.

Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Dimanche 14 octobre 2007 7 14 /10 /2007 19:56

Shadow Creature
Un film de James Gribbins
shadow.jpg

   Merci à Tchico pour ce sympatoche nanar (Tchico qui m'a d'ailleurs bien fait rire en précisant au bout de cinq minutes qu'il s'agissait d'un film d'horreur). 

   Merci encore à Tchico qui vient de me fournir l'image de la jaquette du DVD.

   Cleveland, Ohio. On retrouve le cadavre d'un ancien professeur de l'université, déchiqueté et à moitié dévoré par ce qui se révèlera être une monstrueuse créature. L'inspecteur de police aux techniques peu respectueuses de la hiérarchie Brighton décide de faire tout son possible pour découvrir qui est le monstre et pour arrêter la série de meurtres qui s'engage.

   Pas du grand nanar, mais du sympatoche quand même, que ce film de 1995, date par ailleurs étonnante ("Tu verras, toi qu'aime les films nuls, tu vas adorer, c'est un truc foiré des annéees 80." "C'est marqué 95 derrière la jaquette." "Bah on dirait vraiment les années 80.") Juste pour la parenthèse, 10 ans avant Shadow Creature, c'était le premier Hellraiser, réalisé par le génie Barker, et les effets spéciaux étaient mille fois au-dessus.

   Mais bref. Le film se découpe en deux grandes parties : avant le délire et le délire. La première partie est particulièrement ennuyeuse, d'où la faiblesse du nanar, et seuls trois éléments ressortent avec force : la qualité des bruitages (et on n'y va pas sur le dos de la cuillère, ça ne lésine pas sur les splortch et autre argh), la qualité des décors (et v'là que les maisons n'ont pas de meubles, et v'là que dans les entreprises les piliers sont en plastiques et les murs en polystyrène, et v'là que les amphis d'université ressemblent curieusement à des scènes de théâtre, avec le public dans la salle et même des coulisses remplies de matériel, sans aucun rapport avec la science), et enfin le jeu des acteurs, un gros morceau quand même, avec des doublages formidablement médiocres, et remplies de conviction.

   Les prémices du délire arrivent ensuite délicatement. Alors que notre créature tue à tout va dans les murs de l'iniversité, on nous présente rapidement des personnages-types nanars, tel que la potiche de service que le héros testotéroné et intelligent protège, le vieux professeur regrettant ses actions, le grand méchant noir et machiavélique, qui meurs à cause de sa mégalomanie, et j'en passe. Viennent ensuite qulques petits détails épars qui firent monter en moi l'excitation en tant que nanardeur amateur : à l'image de ces deux rôles comiques jeunes voulant se servir du matériel de l'université pour cultiver de la drogue, et qui finissent entre les pattes de la créature. Créature dont on ne voit d'aileurs pas grand chose, de par la technique du "je filme tout dans l'ombre, ils flipperont bien". Enfin, on assiste à une délicieuse scène d'effets spéciaux où l'homme qui deviendra la créature se transforme.

   Et là, enfin, la plongée dans le délire. Jusqu'alors, à part quelques détails, on s'ennuyait profondément, mais là, révélation du professeur !
"- Ca y est, je sais ce qu'est la créature !
- Alors, qu'est-ce que c'est ?
- C'est un hybride entre un homme et une moule Zébra !"

   Et oui, la révélation est là : le gros monstre de plus de deux mètres de haut n'est autre qu'un homme-moule. Ainsi, les moules mutantes seront bleues-vertes, seront géantes, seront carnivores et cannibales, seront terriblement intelligentes et machiavéliques, seront cruelles et porteront une chemise blanche. Tâchée de sang, la chemise. A quand les hommes-frites ?

   Mais bref, arrive alors le final du film : on se débarasse rapidement des derniers rôles secondaires, des derniers méchants, des derniers non-membres du couple d'héros, et pour finir de la créature, dans un déluge d'effets spéciaux dessinés à même la caméra. Sauf que là, c'est nettement plus drôle : pas de pause dans le nanar, un rythme soutenu, quelques petits gags pas drôles, et j'en passe. A noter que le jeu des acteurs a tendance à s'affiner dans le mauvais sens du terme, s'enfonçant dans le ridicule, en particulier pour Brighton. Et enfin, fin sur un final particulièrement émouvant, avec mort du vieux professeur, révélation finale et embrassades.

   Les détails qui tuent maintenant. Car Shadow Creature, c'est bien plus qu'un nanar bas de gamme. Car Shadow Creature, c'est aussi :
      - "Based on the true story "Flesh fleshing Cannibal Creature from Cleveland"", le tout pour nous annoncer dans la suite du générique que cette histoire est une fiction et que toute ressemblance, etc etc.
      - Une histoire de recherche de l'immortalité sur fond de recherche sur le shampooing (d'où ma proposition de rebatiser l'accroche du DVD en "Ne cherchez pas la capillarité ou vous trouverez... la mort")
      - Une revisite de l'anatomie humaine : ainsi, on découvre durant une scène où la créature dévore une innocente victime encore vivante que nos intestins se trouvent dans notre poitrine, et qu'ils ressemblent curieusement à des saucisses de Strasbourg mises bout à bout.

   En somme, pas un nanar exceptionnel, à cause de longs passages à vide, mais une sympathique détente quand même.

Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Mardi 4 septembre 2007 2 04 /09 /2007 10:28
Ghost Rider
Un film de Mark Steven Johnson

   Merci à Tchico pour le film ;-)

   Je n'attendais pas grand chose de cette énième adaptation de Marvel, si ce n'est un sympathique défouloir de 2 heures, et j'ai été agréablement surpris : bien loin d'être une simple superproduction ou même un navet bas de gamme, le film possède indéniablement quelques attributs nanars, assez bien développés.

   Ghost Rider raconte l'histoire de Johnny Blaze, motard qui, jeune, vend son âme au Diable en échange de la guérison de son père, atteint d'un cancer. L'acte ne sera pas sans conséquence, car Johnny, devenu Ghost Rider, va se retrouver au service du Malin et va devoir anéantir Coeur Noir, un ange déchu rebellé contre son père, le Diable, et menaçant de (je vous le donne en mille) répandre le chaos sur Terre en dérobant un précieux contrat d'un million d'âmes.

   Commençons par le bon, le vrai bon, car il y en a un peu : outre le fait qu'il s'agisse d'un film d'action assez mouvementé et donc sympatoche du point de vue Cerveau-Mode-Off, l'idée développée par le comic de base, celle de ce cavalier au service du Diable, est assez intéressante, et n'est pas sans donner l'envie de se plonger dans le comic originel : l'histoire du précédent Ghost Rider, un cavalier d'il y a 150 ans, n'est pas sans faire penser au western de Priest, ouest sauvage dévoré par les démons et épicentre d'évènements monstrueux. Ainsi, peut être une incursion dans la BD de base sera-t-elle effectuée dans les semaines prochaines.

   Passons au mauvais : un point en particulier vient obscurcir le film, sa baisse brutale de rythme après les moments action, complètement inintéressants pour la plupart, même du point de vue nanar, à l'exception d'une formidable embrassade, sur la route, d'une subtilité complètement hallucinante : c'est ici l'aspect défouloir du film qui est lésé, car les moments action se perdent face à ces grands mélodrames où le réalisateur tente sans aucun succès de nous montrer le déchirement intérieur du personnage principal.

   Vient enfin le nanar. Certes, on a pas affaire à du haut de gamme, c'est ridicule mais ça relève pas de l'exceptionnel, même si on se marre bien. Un nanar pop-corn en quelque sorte, en ouverture de soirée nanar, ou en dégustation, rien qui relève du chef-d'oeuvre, et pourtant, Mark Steven Johnson montre qu'il possède un certain potentiel de ridicule, et en devient un réalisateur à suivre pour tout nanardeur.

   Nanar dans le scénario tout d'abord : prévisible d'un bout à l'autre, on nous donne la fin avec le début, le challenge du spectateur sera de deviner dans quel ordre les sbires de Coeur Noir se verront être exterminés, chaque sbire représentant un élément (eau, vent, terre), face au feu qu'incarne Johnny Blaze, comme en atteste l'affiche. Vient  bien sûr s'interposer Eva Mendes, copine de jeunesse de notre héros, et dont les attributs mamaires ont du peser plus durant le casting que son jeu d'actrice, réduit au strict minimum.

   En direct concurrence au jeu, toute en sobriété, de Mendes, Nicolas Cage surjoue avec une étonnante qualité de ridicule. Bien sûr, on atteint pas les sommets desquels nous gratifie le prince Roland de Beowulf, vu récemment, mais il y a quand même du bon, du très bon. Quant aux quatre affreux, ils dissimulent leur jeu d'acteur derrière des effets spéciaux assez fauchés, il faut le dire.

  Les combats sont particulièrement décevants, du moins pour le spectateur moyen qui s'en vient voir un film d'action : pour le nanardeur, quel délice de voir les ficelles scénaristiques tirées ici pour en finir le plus vite possible avec des adversaires réputés imbattables ! Ainsi, le seul véritable challenge de Cage sera le démon du vent, face auquel il lui faudra jouer d'ingéniosité, alors que pour les autres... Là où on se régale, c'est quand on s'aperçoit que Cage, pourtant en impossibilité de se transformer en Ghost Rider de jour, y parvient à la fin contre Coeur Noir, sans qu'aucune explication ne soit donnée. Niveau ficelle scénaristique, c'est au paroxysme du délire que l'on touche, durant le combat contre l'entité de l'eau. Mais non, là, c'est trop hallucinant, je peux pas me permettre de raconter.

   Enfin, je me devais de terminer cette critique avec cette formidable phrase prononcée par Coeur Noir, juste après qu'il ait absorbé des âmes en lui, et qui est formidablement représentative des dialogues du film :

"Je suis Légion parce que... NOUS SOMMES... NOMBREUX !"

   Enfin, pour finir, finesse de réalisateur, ce plan montrant une vache beuglant pendant que nos deux personnages s'embrassent.

   Jeu ridicule, scénario expédié, effets spéciaux fauchés, dialogues hallucinants, Ghost Rider est un sympatoche nanar, sans relever de l'exceptionnel, à cause nottament de ses baisses de rythme.
Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Mercredi 29 août 2007 3 29 /08 /2007 11:05
Beowulf
Un film de Graham Baker

   Un nanar de plus, assez sympatoche, sans être exceptionnel. Beowulf raconte l'histoire de Beowulf, mercenaire mi-homme mi-démon, venu terasser une bête meurtrière qui met à mal la populace d'un château empli de secrets.

   Le film est au premier abord plat, plus proche du navet que du nanar : des figurants qui s'éclatent contre des murs dans de formidables faux effets, une foule de cinglés voulant lyncher une fille, qu'il déshabille à moitié, comme par hasard, juste avant de la mettre au supplice, un suspense absent, aucun se cret ne tenant la route, les solutions sont presque donnés (quelle finesse scénaristique).

   Mais Beowulf, ce n'est pas que ça : trois grands éléments nanars viennent se distinguer et faire rire le spectateur. Ainsi, les dialogues, très, mais alors là très très cons, bourrés d'immondes clichés, s'enfonçant sans complexe dans le ridicule le plus étonnant. Les effets spéciaux ensuite, terriblement mal faits (on en dira tout autant du costume de la bête elle-même, pataude et bouffie) : en ce sens, la scène finale tient du moment historique, formidable avec ses explosions carrément hallucinantes (dans le mauvais sens du terme), et son superbe décalage entre premier et arrière-plan.

   Mais Beowulf, c'est surtout un jeu d'acteurs porté à l'outrance, le prince Roland en tête, roulant des yeux monstrueux quand il combat la bête ou quand il entraîne ses hommes (à noter qu'il oublie toutes ses techniques de combat face à d'autres adversaires que ces derniers). Heureusement, tout le monde ne sur-joue pas, non ! Un acteur est là pour sauver la place : Christophe Lambert ! Christophe qui, fidèle à lui-même sous-joue et conserve pendant 95 minutes la même expression faciale, Christophe qui à lui seul aurait pu rendre n'importe quel navet nanar : ici, il irradie, il illumine le spectateur qui ne peut se retenir face à une telle prestance : un très grand mauvais acteur.

   En somme, un nanar pas exceptionnel, mais quand même assez drôle, grâce au jeu d'acteurs en particulier.

   A noter qu'une autre adaptation de Beowulf est actuellement en cours de réalisation par Zemechis. On peut s'attendre au pire comme au meilleur (Gaiman est au scénario, ce qui ne veut absolument rien dire, ce qui on vu Mirrormask se souvienne du ratage scénaristique du film, malgré une excellente mise en scène).
Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Mardi 21 août 2007 2 21 /08 /2007 15:12
The Marine
Un film de John Bonito

   Vu suite à la lecture d'une des chroniques de Nanarland, je remercie Tom qui m'a passé ce sympathique nanar, pas de haute volée mais très agréable quand même.

   L'histoire : John Triton (ça démarre très fort), un des meilleurs marines, est démobilisé et est obligé de retrouver un autre travail. Jusqu'au jour où sa femme se fait enlever par un gang de braqueurs : il va alors essayer de la sauver.

   Nanar simple, mais assez efficace : d'un côté tout d'abord, notre héros, John Triton, que vous pouvez admirer ci-dessus en photo : bloc de muscles et de testostérone, catcheur bodybuildé, croisement totalement anti-charismatique entre Terminator, Rambo et Néo du point de vue des capacités qui dépassent bien souvent les lois de la physique (mais ne nous embarassons pas de réalisme, voyons, quelle idée !), cet ancien marine tourmenté par l'idée d'arrêter le service est d'une efficacité étonnante, d'une puissance sans limites (sa meilleure arme sera un couteau, et sinon il ne fait que sa battre avec ses mains), sa peau est probablement faite d'écailles car les balles, les explosions et les coups de couteau y ricochent (il semblerait que ce soit également le cas des sentiments qui ne peuvent traverser l'intérieur du héros pour s'afficher sur son visage), il est de plus capable de suivre n'importe quelle piste dans n'importe quel marais, et j'en passe.

   Etonnant qu'un homme pareil ai pu se marier avec la pin-up qui lui sert de femme (j'utilise le mot servir, l'explication se trouve plus bas dans la critique) : blonde à la poitrine fortement avancée, et aux mêmes capacités de peau d'écaille que son mari.

   A côté de ça, les stéréotypes bêtes et méchants font pâles figures : le "black de la bande" (je ne fais que citer), très psychopathe sur les bords, le chef, bien habillé et très proche du héros sur tous les points à l'exception qu'il est quant à lui inflammable, sa copine (le terme servir est toujours ici approprié, voir à la fin), une brune aux répliques acides et d'une banalité sans nom, et deux poteaux qui servent juste au remplissage.

   Outre la mise en scène sans inventions aucunes (oooooh les jolis ralentis pendant les explosions), le jeu d'acteurs manolithique et les dialogues d'une platitude effarante, le film commence par trois quarts d'heure très amusants, puis une demi-heure où le rythme s'essoufle, à partir, curieusement, du moment où les premiers combats commencent, avant un final en apothéose, tout en explosions, en muscles et en destructions de décor. La fin, tout le monde la connaît.

   Maintenant, pourquoi servir ? Et c'est bien sur ce point que s'égalent notre bon gros gentil et notre bon gros méchant : un machisme étonnant et délicieux par sa connerie. Deux exemples : commençons par le bon gros méchant, qui décroche tranquillement son portable pendant que sa copine l'embrasse : du plus bel effet romantique. Mais ce n'est rien comparé à notre bon gros gentil, et à ce dialogue époustouflant avec son collègue d'un jour :
"On voit alors apparaître les vraies richesses de la vie."
"T'as raison. J'vais r'tourner chez moi voir ma femme."
   Femme qui peu auparavant lui proposait avec fort peu de sous-entendus une partie de plaisir. Mais bon.

   En somme, The Marine est un nanar sympathique, pas de haute volée mais qui détend.
Par big-cow - Publié dans : Nanars
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Samedi 19 août 2006 6 19 /08 /2006 11:56

La lune rousse

Un téléfilm particulièrement mauvais et hilarant

 

   Retour d’une semaine de vacances, où j’ai pu me régaler, lors d’une quelconque soirée, d’un navet de la chaîne publique. Voici l’affaire : dans le sud de la France (si je me souviens bien, dans la région du Causse), une jeune femme (comment elle s’appelait déjà ? Le film n’est pas resté longtemps dans ma mémoire) revient dans le village où a été tuée sa grand-mère. Le principal suspect est un homme (qu’on voit en tout et pour tout pendant un plan d’une trentaine de secondes) qui l’aurait accusé de sorcellerie. Mais des rebondissements absolument pas inattendus vont pousser notre héroïne à enquêter.

 

   Le suspense est proche du niveau zéro : on a vu le coupable une fois, on se dit : il a une sale tête, il est méchant, il essaye désespérément de draguer le personnage principal qui le repousse, etc. Mais heureusement, il y a un gentil, qui va aider à l’enquête : il est beau, il est intelligent, mais il a un passé mystérieux qui assombrit sa vie. Une telle accumulation de clichés paraît difficilement possible, mais rassurez-vous, c’est loin d’être fini.

 

   En effet, un méchant va tenter désespérément de traumatiser notre héroïne afin de la faire partir de la région, ce qui n’aura bien sûr pour seul effet que de la faire poursuivre son enquête : on assiste ainsi, impuissant devant une telle faiblesse du scénario, à une destruction quasi totale de la vaisselle de la maison, à un coq planté sur la porte, etc. De plus, le paroxysme du rire apparaît lors des démonstrations de magie, d’un grotesque… Par exemple, pour atténuer la douleur d’une amie, notre héroïne applique la main sur la blessure et ferme les yeux en récitant des phrases dans une langue bien évidemment inconnue. De vertigineux effets de caméra viennent agrémenter l’effet de magie.

 

   Il faut rajouter à ce portrait quelques belles incohérences : par exemple, le meurtrier de la grand-mère laisse sur les lieux du crime une énorme trace de pied, qui survit plusieurs jours à la pluie et au vent, et qu’aucun inspecteur venu rechercher des preuves ne remarque.

 

   Le détail particulièrement drôle, c’est après tout le rictus machiavélique du grand méchant.

 

   Mais j’arrive maintenant au principal : le message caché. En effet, pour tout expliquer, le gentil est un… prêtre, et oui ! On assiste à un magnifique éloge de l’église, sur une chaîne publique, avec une moyenne d’une croix tous les deux plans, parfaitement visible.

   En somme, une bonne détente, tordante involontairement.
Par big-cow - Publié dans : Nanars
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