Mots et idées volatiles

Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /2008 12:00
Beauté/Féminité Partie IV :
La femme : corps, visages, voix et charme,
une incarnation de la grâce


   J'en arrive à ma quatrième partie sur les femmes : celle dans laquelle je parlerais de la beauté physique féminine. J'ai toujours été très sensible à cette beauté, de même que j'ai toujours été très sensible aux personnages féminins, dont j'ai parlé peu auparavant. Là encore, je choisirais de ne pas parler de personnes ayant vraiment existé, même si le nombre de visages bouleversants que j'ai vu ne peut se compter, chacun possédant pour moi son charme et ses atouts, que ce soit dans le visage, la voix, le corps, ou dans cette alchimie qu'est le charme, naissant à la fois du corps et de l'esprit, de la gestuelle et de la symbolique.

   La peinture que je vais ici tenter d'esquisser sera celle des portraits féminins physiques, à nouveau d'oeuvres de fiction (plus une actrice) qui m'auront marqué, qu'ils s'agissent d'images fugaces, de photographies ou d'êtres à part entière. pour chaque portrait, je m'appuierais sur une photographie (affiche, image du film), étant particulièrement malhabile dans cet art qu'est la description des visages, et ce de manière assez paradoxale car malgré mes qualités littéraires relatives je suis toujours incapable de tenir le portrait de ce que je préfère admirer. Je l'ai déjà dit dans ma partie sur le rapport entre
Femme et Symbolique, mais je le redis ici : dans le film I'm not there, l'un des multiples visages de Bob Dylan disait "Un poème est comme une femme nue." La différence, c'est qu'ici, c'est la femme qui porte la grâce et la beauté du poème en elle, et sur son visage.

   Les extraits et images seront publiés dans le même ordre que celui où ils me sont venus à l'esprit ; je ne me risquerais pas à les trier suivant un plan qui ne pourrait alors qu'être obscur et bêtement complexe.


   Je n'ai pas vu Naissance des pieuvres, le film de Céline Sciamma duquel on a pas mal parlé à sa sortie, et qui a reçu, il faut le dire, de très bonnes critiques. A vrai dire, il est peu probable que je puisse le voir un jour, de par le milieu où il se déroule (l'idée même de la piscine me met mal à l'aise, je ne parlerais pas du fait de m'y trouver), et de part les souvenirs liés à l'évocation de ce film. Pour revenir au sujet, je ne connais que l'affiche de Naissance des pieuvres, de laquelle je parlerais ici.

   J'ai été marqué, la première fois que je l'ai vu, par la grâce de ces deux visages, qui n'apparaissent qu'à demi, chacun tentant de s'effacer du cadre de l'affiche. Deux personnages féminins, et au centre, ces tentacules (référence au titre) qui glissent doucement du haut vers le bas, avec beaucoup de délicatesse, mais marquant néaumoins la rupture entre les deux personnages. Les deux femmes ici représentées possèdent beaucoup de grâce, beaucoup de charme, beaucoup de charisme et de sensualité. Dans le regard tout d'abord, doux et profond pour celui de gauche, enfermé et masqué pour celui de droite. Dans les lèvres ensuite, non dénuées elles aussi de douceur et là encore de sensualité, et qui m'avaient évoqué, je m'en souviens, ces vers très connus de Baudelaire : "Là, tout n'est qu'ordre et beauté,/Luxe, calme et volupté". L'attitude des deux personnages est enfin empreinte de grâce, alors que celui de droite semble vouloir non pas embrasser l'autre (le mouvement étant trop amorcé vers l'extérieur) mais l'effleurer, des lèvres et de la joue. L'affiche toute entière est une image de la sensualité féminine, affiche très douce et très belle qui incite à la rêverie et à la contemplation.



   La photographie qui se trouve ci-dessous est celle de Stephanie Leonidas, dans le film Mirrormask de Dave McKean (
voir ma critique). Si je n'ai pas été particulièrement attiré par l'actrice sur la durée du film, le plan ici présent arrive au confluent de plusieurs évènements et de plusieurs éclairages qui le font reluire de cette manière si particulière.


   A ce moment précis du film, le personnage incarné par Stephanie Leonidas, la jeune jongleuse et peintre qu'est Helena vient d'être transformé en princesse des Ténèbres par les montres humaines qui se cache dans le palais de la Reine de la Nuit (grosso modo : je ne me souviens jamais des noms des personnages, et il est fort possible que la rapide présentation ici faite, ne rentrant pas dans les détails, respire le manichéisme). L'image repêchée sur Allociné laisse d'ailleurs entrevoir les doigts des artistes qui se retirent du visage d'Helena, y laissant le fruit de leur travail, soit cette longue transformation effectuée en chanson. Si ce visage n'est pas exempté, dans sa tentative d'atteindre la perfection, de défauts et d'éléments légèrement surfaits, ces derniers ont tendance à le rendre plus humain et par là plus désirable : ainsi agissent de cette manière la coupe de cheveux d'Helena (ici tranchée par la prise de vue mais dont on aperçoit la montée en chignon dans le fond) et ses joues légèrement épaisses.

   Mais ces rares imperfections, outre humaniser le personnage, font reluire ses qualités avec plus de force encore : ces yeux on ne peut plus noir, acquérant par là une profondeur hors normes, le reflet de la lumière y apparaissant comme une curieuse pupille immaculée (et par rapport à l'histoire, interprétable comme un rayon d'espoir vis-à-vis de la situation d'Helena), cette mèche qui couvre le second oeil, donnant une dimension quelque peu angoissante à la photographie, ces lèvres incitant à la rêverie car proche d'une certaine perfection, étant tout particulièrement régulières, et d'un rouge qui s'accord avec les pupilles complètement noires. La présence des doigts joue également : s'ils sont en réalité en train de se retirer, on a ici l'impression qu'ils sont au contraire attirés par le visage de la jeune fille, désirant l'effleurer pour en sentir la réalité.


   Jasmine Trinca sera la seule actrice que je présenterais sur cette partie du blog, pour la simple raison qu'elle est la seule dont je trouve le visage empli d'une beauté constante. Elle n'a à ce jour que peu joué, et je l'ai personnellement vu dans Romanzo Criminale de Michele Placido tout d'abord, où elle interprète le personnage de Roberta, la femme du Fredo, puis dans le Caïman de Nanni Moretti ensuite (
voir ma critique), où elle est la réalisatrice du film que tournent les personnages principaux, Teresa.


   On peut considérer que le charme de Jasmine Trinca provient très essentiellement de son sourire. Si l'aspect glacé des photographies et le fait que je n'en ai pas trouvé de propice sur Internet ne rend pas vraiment compte de cette grâce de l'actrice, mais j'invite le chaland à regarder cette bande-annonce du Caïman, trouvée sur Allociné, et dans les premiers plans de laquelle ce fabuleux sourire en question naît aux yeux du spectateur. Jasmine Trinca n'est pas dénuée de charme outre ce sourire, mais se trouve là une marque de beauté assez rare et assez remarquable, à côté de laquelle il serait un tort de passer.


   Il aurait été quelque peu absurde de passer à côté d'Almodovar dans cette présentation de la beauté féminine : je me souviens de l'érotisme latent des images de Matador, dont je n'ai jamais à ce jour pu voir la fin, de la grâce des actrices de Volver, et enfin de l'hommage rendue à la femme à travers les scènes de Parle avec elle (
voir ma critique) - et encore, là n'est que le faible aperçu des oeuvres d'Almodovar que j'ai pu découvrir. Toujours est-il que c'est Parle avec elle que j'ai ici le besoin d'évoquer, et ce pour deux passages que je préciserais plus loin.

   Mais reprécisons l'intrigue du film : Lydia, torero professionnel, et Alicia, jeune danseuse, sont toutes deux dans un profond coma. Marco, le petit ami de la première, et Benigno, infirmier de l'hôpital, veillent respectivement sur l'une et sur l'autre : une sorte d'amitié quelque peu étrange finit par se développer entre les deux hommes. Outre une histoire d'amitié, Parle avec elle est donc un hommage à la femme, au travers des personnages de Lydia et d'Alicia, observées par le biais de flash-backs à l'époque de leur vie normale, et sous état comateux.


   L'un des premiers passages que j'ai le désir d'évoquer est le jeu qui s'instaure autour du corps d'Alicia, jeu non présent dans le cas de Lydia (effectivement, il se révèle essentiellement dû à la position de Benigno en tant qu'infirmier, Benigno qui connaissait déjà Alicia avant que celle-ci ne se retrouve à l'hôpital). Je ne me souviens plus de l'exactitude des séquences qu'il est donné de voir au spectateur, mais je me souviens de scènes de nues très douces, quand Benigno prenait soin du corps d'Alicia, et ce malgré les développements de l'intrigue (que je ne dévoilerais pas) qui contrastent douloureusement avec cet aspect très doux des choses. Les draps blancs sur lesquels baignent le corps d'Alicia, le fait qu'elle ne puisse toucher par elle-même son propre corps, qu'elle ne puisse même réagir à ce qu'il se passe autour d'elle et qu'elle soit plongée dans une sorte de profond sommeil, dans un sens seulement, confère une dimension presque spirituelle aux séquences que j'évoque ici, lui donnant alors davantage de beauté et permettant au corps d'acquérir un statut presque pur et divin, objet de désir contemplatif, étant exposé simplement, sans artifice.


   La séquence que je vais ici évoquer aurait peut-être méritée, de par sa symbolique, de figurer dans la première partie sur le rapport de la femme au couple, mais étant donné que je traite déjà de Parle avec elle ici, et que ce rapport se montre dans un état exclusivement charnel et physique, j'ai décidé de faire figurer cette sous-partie ici. A un moment du film, le personnage de Benigno raconte à Alicia un film qu'il a vu durant un ciné-club : l'histoire d'un scientifique qui, à cause d'un mauvais dosage, se retrouve à rétrécir, sans fin, jusqu'à devenir gros de quelques pouces ; après une folle nuit d'amour avec sa maîtresse, il entrera dans la porte qu'est son vagin, pour y disparaître.

   L'idée, si elle peut paraître assez graveleuse au premier abord, se révèle d'un autre côté très belle : outre la superbe promenade, pleine d'ivresse, que le scientifique effectue sur le corps de sa dulcinée, se jetant sur ses seins qui apparaissent telles des collines (la caméra a la volonté de leur donner une certaine pureté, cette fois-ci garantie par le noir et blanc du court-métrage), l'idée même de disparaître à l'intérieur de sa compagne témoigne d'une part de la plénitude complète vers laquelle tend le couple d'une part, et d'autre part de la place importante de la femme dans ce même couple, se faisant réceptacle, au sens propre, de l'amour des hommes.


   Une autre femme très belle, c'est Jean Seberg dans A bout de souffle de Jean-Luc Godart. J'aime beaucoup Godart pour l'esprit complètement anarchique et terriblement poétique qui souffle sur ses oeuvres, et A bout de souffle est l'une des grandes composantes de sa filmographie. Jean Seberg y joue le personnage de Patricia, l'amante de Jean-Paul Belmondo/Michel, américaine vivant à Paris et connu surtout de par la scène (dont la photographie est restée célèbre) où le couple déambule sur les Champs-Elysées, alors qu'elle vend le Herald Tribune aux passants.

   Si la photographie du baiser des deux amants, se déroulant si ma mémoire est bonne durant la scène de la chambre d'hôtel, s'avère être très belle, ce n'était pas cet instant du film donc j'avais recherché une capture. Je me souviens d'un plan de Jean Seberg, réellement très beau, où l'on peut voir celle-ci sur un escalator, plan de seulement quelques secondes, mais où la caméra la prenait de haut. Une amie, ayant aperçue la photo de Seberg avant de voir le film, avait fait remarqué que la femme était très belle - pour moi, c'est dans ce fabuleux plan que ce fait prend tout son sens, un plan qui vaut le coup d'oeil à lui seul.


   Je ne m'attarderais pas sur Blow Up, l'histoire n'ayant que peu de rapports avec la femme que je vais présenter ici (pour plus de renseignements au sujet du film de Antonioni,
voir ma critique). Au moment du film où elle entre en scène, le personnage a déjà cherché à la rencontrer une ou deux scènes auparavant : elle se révèle être antiquaire et est interprétée par Susan Broderick, qui n'a à vrai dire jamais joué dans d'autres film si ce n'est un ou deux rôles secondaires ici et là. La scène se déroule quand il parvient enfin à la rencontrer, scène que j'ai trouvé miraculeusement sur Youtube et que voici :



   Je ne saurais dire ce qui m'a réellement charmé dans l'antiquaire, car à ce jour, je n'ai pas rencontré grand monde ayant subi la même attirance pour elle. Peut-être est-ce ce regard un brin rêveur, cette façon assez formidable de prononcer "To Nepal", le fait qu'elle ne soit pas sans me rappeler une connaissance qui m'est chère, le fait qu'elle soit antiquaire (ce qui lui confère un certain charme, il faut le dire), les mèches de cheveux qui remontent le long des joues, ou tout bêtement cette alchimie de détails qui forme ce que l'on appelle le charme. Toujours est-il que là est une autre des mes idoles en matière de beauté féminine, qui m'a frappé dès que j'ai vu le film, en VO bien sûr pour profiter pleinement de cette voix.


   Je n'ai pas pu voir Batalla en el Cielo à sa sortie au cinéma, le film étant alors interdit aux moins de 16 ans, là où je peinais déjà à en avoir 15. J'ai par contre été vite séduit par la nudité du personnage féminin présentée sur l'affiche du film, par cette grâce et cette simplicité, le personnage se tenant tout simplement droit, sur le dos, sur des draps blancs, la tête seule renversée sur le côté, les yeux fermés, lui conférant comme une sorte de pureté assez semblable à celle d'Alicia dans le Parle avec elle de Almodovar, exemple cité ci-dessus. Très belle image.

   Que rajouter de plus ? Voici quelques exemples typiques de beauté féminine que j'ai su apprécier, et encore cette liste se révèle-t-elle être loin d'être exhaustive. A prendre comme un hommage à la féminité et à ce charme inhérent à la femme.

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Beauté/Féminité

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Personnages féminins
Par big-cow - Publié dans : Mots et idées volatiles
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 19:24
Beauté/Féminité Partie III :
Personnages féminins

   La partie qui s'annonce s'avère pour moi plus délicate à traiter que les deux précédentes, et que la suivante, tout bonnement car peu de personnages féminins de fiction m'ont réellement marqué. J'ai quand même tenu à créer cette sous-partie de par la force qu'en possèdent pour moi certains. Le nombre d'exemples que je me verrai traiter se verra toutefois réduit à deux, le troisième n'étant autre que celui de Louise Morvan dont je parlerais dans une cinquième partie.

   Par personnage, j'entends personnalité au sens large : c'est ici du moi intérieur duquel je compte traiter, moi intérieur encore une fois strictement féminin. J'accorde beaucoup d'importance aux personnages qui se cachent derrière chaque être et qui, à mon sens, suffisent à rendre n'importe qui désirable, pour peu que personnalité quelque peu travaillée ou sympathique il y ait. Si j'accorde beaucoup d'importance à la beauté physique et au charme qui peut venir de quelqu'un, c'est donc cette personnalité qui concentre le plus d'importance. Le faible nombre, pour moi, de personnages marquants de ce point de vue en littérature, en cinéma ou dans d'autres créations peut se révéler paradoxal, eu égard au nombre élevé d'oeuvres qu'il m'ait été donné de voir, d'entendre ou de lire. Je pense que cela s'explique en grande partie au fait qu'un personnage, pour réellement exister, doit être vivant et réel afin de s'épanouir vraiment. C'est d'ailleurs là un des privilèges de l'amour et de l'amitié : faire vivre le personnage d'autrui avec l'assentiment de celui-ci.

   Sur ce point encore, je me refuse à parler d'exemples réels. J'ai rencontré un nombre proprement sidérant de personnalités uniques, et il m'est même arrivé une fois d'en tomber amoureux, tant les personnages rencontrés se révélaient beaux et fascinants, simples ou complexes. Mais là encore, je ne veux pas parler, par respect, de personnes rencontrées dans la vie réelle.

   Pour en revenir au sujet, je vais donc présenter les deux seuls personnages de fiction qui m'aient marqué, en commençant par celui de Sam, dans American Gods de Neil Gaiman (voir ma critique à ce sujet).

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   A vrai dire, nombre sont les personnages marquants de ce petit bijou qu'est American Gods, son héros Ombre en premier lieu - Gaiman déploie dans ce roman tout son talent, chose qu'il serait malaisé de regretter. Un personnage féminin se révèle particulièrement frappant : celui de Sam, ou plutôt de Samantha Black Crow. Ce personnage ne fait guère que trois apparitions, dont une très courte, sur la totalité d'American Gods, ainsi que deux dialogues, mais il n'en reste pas moins mémorable par son caractère et son enthousiasme.

   Sam est un personnage complètement fou, une sorte de pile électrique car perpétuellement vivace et complètement allumée. C'est à vrai dire l'un des personnages les plus déjantés qu'il m'ait été donné de voir dans un roman, personnage d'autant plus frappant qu'en la même période où j'ai relu American Gods, j'ai rencontré une amie qui se révélait être en quelque sorte son sosie. J'ai un peu de mal à en parler, car trop en dire sur elle reviendrait à gâcher le plaisir du lecteur qui voudrait lire le roman, et car des exemples ne suffiraient pas à la décrire, sa personnalité formant un tout inhérent à l'oeuvre de Gaiman, car se confondant parfaitement avec le délire qu'est le roman. Ainsi vais-je seulement piller ce monologue en toute inégalité, qui est, je pense, assez représentatif du comportement du personnage, et qui sera à lui-même sa présentation.

   "- Ca n’est pas facile à croire.
   - Je suis capable de croire n’importe quoi, affirma-t-elle. Vous n’avez pas idée de ce que je peux croire.
   - Vraiment ?
   - Je peux croire des choses vraies et des choses fausses, et même des choses dont personne ne sait si elles sont vraies ou fausses. Je crois au Père Noël, au lapin de Pâques, à Marilyn Monroe, aux Beatles, à Elvis et à M. Ed, le cheval parlant. Écoutez-moi bien : je crois que les gens peuvent s’améliorer, que la connaissance est infinie, que les monde est dirigé par des cartels de banques secrets et régulièrement visités par des extra-terrestres - des gentils qui ressemblent à des petits lémuriens ridés et des méchants qui mutilent le bétail et convoitent notre eau ou nos femmes. Je crois que les lendemains chantent et aussi qu’ils déchantent, je crois qu’un de ces jours la Femme-Bison Blanc va revenir nous botter le cul. Je crois que tous les hommes ne sont que de petits garçons montés en graine avec de profonds problèmes de communication, que le déclin de la sexualité en Amérique coïncide avec le déclin des drive-in dans la plupart des États. Je crois que tous les politiciens sont des escrocs sans scrupules mais qu’ils sont préférables à l’alternative. Je crois qu’au moment de la grosse catastrophe, la Californie coulera dans l’océan, alors que la Floride se dissoudra juste dans la folie, les alligators et les déchets toxiques. Je crois que le savon antibactérien diminue notre résistance à la poussière et à la maladie, si bien qu’un de ces jours, on sera tous décimés par un mauvais rhume, comme les Martiens de La Guerre des Mondes. je crois que les plus grands poètes du siècle dernier étaient Edith Sitwell et Don Marquis, que le jade est du sperme de dragon séché, et qu’il y a des milliers d’années, dans une vie précédente, j’étais une chamane manchotte en Sibérie. Je crois que le destin de l’humanité est dans les étoiles. Je crois que les bonbons étaient réellement meilleurs quand j’étais petite, qu’il est scientifiquement impossible à une abeille de voler, que la lumière est à la fois une onde et une particule, qu’il y a quelque part, dans une boîte, un chat à la fois mort et vivant (quoique si on n’ouvre jamais la boîte pour le nourrir, il finira par être mort de deux manières différentes), et que l’univers contient des étoiles qui existaient plusieurs milliards d’années avant lui. Je crois en un dieu personnel qui s’occupe de moi, s’inquiète pour moi et supervise tout ce que je fais. Je crois en un dieu impersonnel qui a mis l’univers en branle avant de partir faire la foire avec ses copines, et qui ne sait même pas que j’existe. Je crois en un univers de chaos causal, de bruit de fond et de chance aveugle - vide, sans dieu. Je crois que ceux qui disent le sexe surfait n’ont jamais fait l’amour correctement. Je crois que quiconque prétend détenir la vérité est aussi capable de petits mensonges. Je crois en une honnêteté absolue et en de raisonnables mensonges sociaux. Je crois que la femme a le droit de choisir, que le bébé a le droit de vivre, que malgré le caractère sacré de la vie humaine, il n’y a rien à redire à la peine de mort, pour peu qu’on puisse faire une confiance totale au système judiciaire, et que seul un idiot congénital ferait confiance au système. Je crois que la vie est un jeu, que c’est une mauvaise blague et que c’est ce qu’on connaît quand on est vivant. Que, tant qu’à faire, autant en profiter pleinement."
   Elle s’interrompit, hors d’haleine. Ombre faillit lâcher le volant pour applaudir.
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   Le second exemple dont je désire parler est celui du personnage principal féminin de la pièce de théâtre Trente-deux Dix, j'ai nommé Carla. Je vais tout d'abord revenir rapidement sur l'histoire de la pièce (critiquée ici) : elle raconte l'histoire d'amour entre Carla et Egon, sorte d'adolescent sauvage et assez judicieuse caricature de la faune urbaine de nos banlieues, de l'arrivée de Carla dans la ville où se passe l'histoire aux derniers instants de la pièce.

   A vrai dire, le personnage de Carla est formidable par deux aspects. Tout d'abord son décalage par rapport à son homologue Egon : les deux personnages sont des antithèses complètes l'une de l'autre, celui de Carla lisant (pour son plaisir), se faisant appeler l'intello par ailleurs si ma mémoire ne me trompe pas, à la réplique facile, à la verve impressionnante et au pied facilement violent lorsqu'on vient lui chercher des poux (en témoignent les parties intimes de l'un des amis d'Egon). Ce dernier, c'est l'ado du quartier, perché à sa rambarde en attendant qu'il se passe quelque chose. Les deux personnages savent se faire très vite très sympathiques au spectateur de la pièce, et c'est là leur première grande qualité.

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   La seconde grande qualité, cette fois-ci plus exclusive au personnage de Carla, et c'est là qu'on rentre dans le vif du sujet, c'est son côté complètement déjanté et fantasque. Carla est un personnage véritablement hallucinant, une sorte de pile électrique assez proche de la Samantha d'American Gods que j'ai décrit juste ci-dessus. En témoignent en particulier, outre son comportement décalé par rapport à l'endroit où elle se trouve, les délires dans lesquels elle se lance, s'inventant (ou inventant à Egon) des passés fantasques, des naissances fabuleuses (je me souviens en particulier de celle sur le bâteau de pêche, "entre les carpes et les soles, les orteils dans le filet de pêche", pour reprendre l'expression que j'avais déjà utilisée dans mon article sur la pièce) ou des histoires formidables. La pièce est trop lointaine dans mon esprit pour que je puisse me souvenir exactement de l'ampleur du délire dans lequel rentraient les personnages, mais je garde néaumoins un souvenir assez fabuleux du personnage de Carla, qu'on oubliera difficilement.

   Voici, à vrai dire, les deux seuls personnages de fiction qui m'aient réellement frappé dans mon existence : une oeuvre, quelconque soit-elle, est généralement trop courte pour faire naître un personnage et le faire s'épanouir pleinement, et celles-ci sont les rares qui permettent presque cet état des choses. Mais les plus belles personnalités féminines restent celles que j'ai rencontrées dans la réalité, et je tiens d'ailleurs à les remercier ici, et à leur dédier en quelque sorte ce long article, duquel je clos la troisième partie.

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La femme : corps, visages, voix et charme
Par big-cow - Publié dans : Mots et idées volatiles
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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /2008 12:49
Beauté/Féminité Partie II :
Femme et symbolique

   Dans cette sous-partie, je vais tâcher de présenter la femme comme un symbole. Avant de commencer (je fonctionnerais comme pour la sous-partie précédente et les deux qui suivront), il faut que je parle de mon ressenti personnel à ce sujet. Je ne sais s'il s'agit de romantisme ou de simple amour de la féminité, mais j'ai toujours accordé beaucoup d'importance à la femme en général. J'ai toujours considéré l'amour comme une fin en soi, et j'ai toujours été attiré par les femmes, parfois plus pour ce qu'elles représentaient que pour ce qu'elles étaient réellement, de manière individuelle. C'est tout d'abord un symbole de vie, de par l'image de l'accouchement : c'est la femme qui porte et enfante l'être humain, oeuvrant alors le plus dans sa création et son évolution. On garde souvent l'image de la féminité dans son sens doux : représentant des êtres emplis de douceur et de sympathie, aux sentiments maternels. Pour moi, cette vision reste particulièrement réductrice : la femme est un symbole d'existence et de création, peut-être la seule personne au monde à pouvoir réellement être considérée comme artiste dans ce sens. Mais la maternité elle-même est une symbolique réductrice alors que le rôle féminin s'étend au monde tout entier, se faisant introduction de l'univers et fin en soi.

   Effectivement, la femme est tout d'abord pour moi le symbole de l'amour. Loin de moi l'idée de dénigrer l'homosexualité masculine, que je respecte - je veux juste dire par ici que je considère la féminité comme inhérente à la vie amoureuse et surtout à sa création (l'instant de la déclaration et les préludes à la vie commune forment généralement, s'ils se soldent bien, la plus belle étape d'une relation amoureuse, car le plus souvent la plus poétique et la plus fantasmée). C'est à ce titre que je citerais la première oeuvre de cet article : Stardust de Neil Gaiman.

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   Je ne désire pas parler ici du film de Matthieu Vaughn, que je n'ai pas vu et que je ne désire pas voir pour ne pas perdre l'image que je conserve du roman, formidable récit amoureux. L'histoire d'amour est celle d'un conte de fées : dans un petit village anglais, séparé par un mur du pays des fées, Tristan déclare sa flamme à Daisy (je ne suis plus trop sûr des prénoms) au moment même où une étoile filante passe dans le ciel. La jeune femme va promettre d'accepter si le jeune homme va chercher l'étoile en question, qui disparaît de l'autre côté du mur. Le conte se révèle être efficace et ne prend en aucun cas le ton "cul-cul-la-praline" qui aurait pu être à craindre. Deux femmes m'ont frappé dans le roman de Gaiman, de par le symbole qu'elles représentent, car apparaissant paradoxalement comme les deux objets distincts d'une même quête amoureuse : ceux de Daisy et de l'étoile. Attention : je vais détailler ces deux personnages dans le paragraphe suivant, mais il est fort possible que j'ai pour cela à raconter la fin du roman ; ainsi, évitez-le si vous n'avez pas lu le livre et que vous comptez le faire.

   Daisy, première des deux à rentrer en scène, est particulière de par son absence physique pendant tout le roman : effectivement, Tristan la quitte dans les premières pages pour aller chercher l'étoile, et ne la retrouve qu'à la fin, une fois revenu de sa quête, pour apprendre qu'elle s'est remariée. Elle n'aura toutefois pas cessé d'être présente dans les pensées du jeune homme. A l'opposé, le personnage de l'étoile : présente pendant presque tout le roman à l'exception des passages où se trouve Daisy, elle se veut un objet de quête non pas romantique mais purement physique. A la fin, sans que grande explication n'y soit donné (ce qui permet d'attribuer ce fait à la magie des choses), elle embrassera Tristan et tous deux vivront ensemble jusqu'aux derniers jours de l'homme. Les deux personnages alors créés par Gaiman se révèle être complémentaires, étant chacun des objets de désir et même plus encore : des symboles idéalisés de la quête amoureuse, sous ses deux aspects : romantique et physique.

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   Un autre portrait symbolique de la femme, c'est celui qui se trouve dans le fabuleux Imajica de Clive Barker (voir ma critique du roman). Ici, je ne m'attarderais pas sur la femme en tant qu'objet de désir amoureux, celui de Gentle portant plus vers le mystif qu'est Pie'oh'Pah que réellement vers Judith. C'est ici la relation femme/puissance/pouvoir qut je trouve ici intéressante. De par le personnage de Judith (et de son double Quaisor) tout d'abord, symbole de la femme fatale idéale et convoitée par tous, allant jusqu'à provoquer des luttes de pouvoir en son nom. Mais surtout de par l'image de la femme en tant que créatrice du monde : tout d'abord d'un point de vue maternel (comme le prouve l'importance, à la fin du film, de l'enfant que Judith portera en son ventre) puis au sens propre (par le biais des trois déesses). Ces trois déesses symbolisent enfin la femme en tant que vie et nécessité au sens large : toutes trois symbolisent l'élément qu'est l'eau sous ses trois formes (solide, liquide, gazeuse), et le trio qu'elles forment symbolise l'eau en elle-même : elles deviennent par là elles-mêmes symboles de puissance, de vie, de subsistance et de création. La femme en général, dans la vision de Barker, sort de son rôle de femme pour se faire créatrice au sens large.

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   "Dieu est une femme", disait l'une des effigies de Bob Dylan dans l'excellent I'm not there (voir mon article), biopic de Todd Haynes sur le célèbre artiste. La phrase n'a en réalité que peu de sens une fois remise dans son contexte : Bob Dylan vient de vexer sa femme par son comportement machiste, et alors qu'elle quitte la table où il se trouve, c'est la phrase qu'il lui lance pour s'excuser. Toutefois, une autre phrase m'a beaucoup plu, au début du même film : "Un poème est comme une femme nue". La phrase est, si mes souvenirs sont bons, prononcées au début du film, alors que la caméra, en noir et blanc, se penche au-dessus du corps d'un des nombreux Bob Dylan de l'oeuvre. De par la sobriété de la scène où elle est prononcée, de par sa simplicité, de par le fait qu'elle n'en reste pas moins prononcée par un Bob Dylan auquel le film est en quelque sorte dédié, elle en gagne une certaine force, une certaine puissance. La femme devient comme objet d'art, une sorte de sanctuaire que nul ne saurait souiller sans aller à l'encontre des lois naturelles qui l'ont fondé. La femme, nue, apparaît également dans son aspect le plus simple, le plus dépouillé et par là le plus désirable, acquérant une sorte de pureté attirante. Elle est également imparfaite, comme toute oeuvre de poésie, imparfaite mais presque divine, si l'on s'en tient à l'origine de la poésie selon les Grecs de l'Antiquité (même si le mot poète a pour éthymologie le verbe "poein", qui signifie créer, on la considère comme inspirée par les dieux, le poète étant juste un messager de ceux-ci). En quelque sorte, la femme est ici divinisée, sanctifiée, alors que le film lui fait l'une des plus belles déclarations qui soient, la désignant comme déesse et poème, comme objet de désir et de respect.

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   Dernière image de la femme que je chercherai à développer dans cette partie : celle que j'ai pu découvrir dans la pièce de théâtre Neige. J'ai pu découvrir cette pièce, non chroniquée sur ce blog, l'an dernier, au Théâtre Gérard Philipe de Frouard. il s'agit d'un texte de Maxence Fermine, adapté à la scène par Alain Bathis et la compagnie de la Mandarine Blanche qui avait déjà joué, l'année précédente, L'assassin sans scrupules, une pièce de Henning Mankell. Neige est une pièce magnifique, mêlant à la perfection tous les genres : marionettes, poésie, jeu d'acteurs, chants, musique, etc. C'est une formidable pièce, qu'il ne faut pas hésiter à voir.

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   Dans cette pièce, une femme occupe une place importance. On ne la voit pas, du moins pas physiquement, car il s'agit d'un corps, emprisonné dans la glace, d'une femme magnifique, nue, aux yeux bleus glacés, aux cheveux d'or, au visage blanc comme la neige. Le personnage principal de l'histoire, un poète n'écrivant des haïkus que sur l'unique sujet qu'est la neige, découvre ce corps alors qu'il cherche un abri. Pour reprendre ses propres pensées, "Etait-elle réelle ? Ce n'était pas une morte ordinaire, c'était une présence merveilleuse". La formidable apparition, prisonnière des glaces, envoûtent dans l'immédiat personnage et public.

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   La beauté de cette femme apparaît comme symbolique du rêve et du fantasme que tous ont déjà fait : cette prisonnière des glaces, "fragile et tendre comme un rêve", n'est autre qu'une apparition inaccessible, un rêve impossible à atteindre mais profondément désiré de tous. Elle apparaît d'autant plus désirable que sa propre histoire est digne d'un conte de fées : funambule émérite, elle chuta dans les glaces (si ma mémoire est bonne) pour finir prisonnière éternelle de la montagne où elle chuta, cachée à jamais des yeux du monde. La femme des glaces de Neige symbolise celle que tout le monde désira jamais connaître et voir vivre, la femme formidable et belle, la réincarnation de la perfection qui jamais ne saura être entamée par le temps. De la même manière que dans I'm not there, elle prend ici une place entre objet d'art et créature divine.

   Ces quatre nouveaux portraits sont à nouveau pour moi des portraits féminins marquants, car dépassant la simplicité pour se parer de symboliques multiples, qui les élèvent à des rang artistiques, divins, et autres. Une fois de plus cette liste n'est pas exhaustive, mais il s'agit à ce jour des quatre portraits qui me marquent le plus.

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Par big-cow - Publié dans : Mots et idées volatiles
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Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /2008 16:29
Beauté/Féminité Partie I :
Femme et couple : actes et places

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   C'est cette affiche méconnue de Panique à Needle Park, pillée sans vergogne sur le blog de Scorsesejunior54, qui m'a inspiré cette partie : celle des actes féminins, ou de la place de la femme dans le couple. Je n'ai pas vu le film dont il est ici question, et je donnerais cher pour en contempler les images, mais toujours est-il que cette affiche m'a beaucoup marquée. Cette rue comme déserte, ce noir et blanc se centrant sur les uniques personnages centraux, ce baiser assez délicat déposé par Al Pacino sur la joue de Kitty Winn, le tout met l'accent sur le couple tenu ici par les deux personnages. Le visage d'Al Pacino n'apparaît que de profil, et la lumière se centre alors sur le visage de Kitty Winn, qui semble accueillir étrangement le baiser : sourit-elle, ne réagit-elle qu'à moitié, est-elle réticente ou au contraire heureuse ? Son corps lui-même, de par sa place, soulève les interrogations : elle enlace à moitié Al Pacino, et resserre son poing droit autour de ce qui semble être un sac, comme si elle cherchait sa protection - mais en parallèle, elle apparaît comme plus grande que lui sur l'affiche, plus importante. Tous ces détails et en particulier la position et l'expression de Kitty Winn en viennent à placer le personnage au centre de l'affiche, à le magnifier.

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   Autre situation formidable : celle de Saudade. J'ai découvert cette pièce de théâtre, jouée par la compagnie Dos à Deux, il y a quelques semaines, et mon article témoignera de ce que j'en ai pensé exactement. A vrai dire, je tiens ici à parler de deux scènes qui m'ont tout particulièrement frappé, toutes deux centrées autour de la femme du personnage principal, et autour de sa relation amoureuse avec son mari. Je n'ai pas les images sous les yeux, et il se peut que mes souvenirs aient idéalisé quelques passages de la pièce, néaumoins je ferais de mon mieux pour me souvenir de tout. La première de ces deux scènes, c'est la séquence où les deux amants font l'amour. Elle se déroule en hauteur, au sommet de la cabane montée sur pilotis. La mère déploie sa longue robe d'un bout à l'autre de la cabane, et se cachent en dessous les deux amants, pour accomplir l'acte. Ils apparaissent au spectateur comme deux ombres projetées sur les pans de la robe de la mère, et jouent donc avec leurs ombres. C'est toutefois la femme qui en ressort grandie, le ventre allourdie d'un enfant. L'autre scène formidable, c'est celle de l'accouchement : la femme est en hauteur sur une sorte d'estrade, fabriquée avec les restes de la maison, alors que la mère se tient à ses côtés. La longue robe de la femme est déployée par le mari, d'un bout à l'autre de la scène, telle une robe gigantesque, et place le personnage féminin, pourtant au fond de la scène, comme en son centre, en vue de tous. Les deux scènes sont très fortes et très belles, accompagnées par une formidable musique.

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   Troisième exemple de cette série : le manga Ghost in the Shell (cet article contient mon avis sur le film). A priori, la présence de ce film dans cette catégorie peut laisser perplexe : Ghost in the shell est à la base un manga philosophique et poétique, et même si son personnage principal possède indéniablement des attributs féminins, il n'en reste pas moins un cyborg : on pourrait alors croire que le film devrait se centrer sur la partie "Corps et visages". Néaumoins, trois passages en particulier me poussent à le placer ici, car c'est le corps ou la pensée de Motoko Kusunagi, le personnage, qui agit. Le premier, c'est au début du film, en guise d'introduction, quand, nue, elle se jette dans le vide pour se fondre avec la cité, avant d'assassiner froidement un homme. Ci-dessous, une image du début de la chute.

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   La seconde scène qui m'a marqué, c'est celle où Motoko plonge et, sous l'eau, se retrouve seule. Le début de ce passage fait écho, pour moi, à la fin du Grand Bleu (la version longue : je ne saurais dire si ce passage figure dans la version courte). C'est toutefois la seconde partie de la scène qui m'a intrigué : celle où elle aperçoit sous l'eau le reflet illuminé de son propre corps, et plonge à l'intérieur. C'est un passage très beau, assez délicat, qui permet de quitter la froideur originelle du personnage pour le faire passer réellement pour un être humain. Enfin, la dernière séquence qui m'a frappé est l'une des dernières du film : son dialogue avec un autre robot, également femme. Je préfère ne pas m'étendre sur cette partie qui est l'une des clefs du film, et qui en est également sa fin, au risque de trop en dire - néaumoins, elle se traduit comme le face à face de deux visages de femmes, et leur dialogue, deux visages qui s'intensifient l'un l'autre en se regardant. Là encore, l'accent est mis sur le personnage féminin, alors que par trois fois des couples bien étranges se forment entre Motoko et la ville, son reflet, et ce second cyborg féminin.

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   Dernier exemple, et pas des moindres, celui de Larme Ultime. Larme Ultime est un manga de Shin Takahashi, dont j'avais déjà parlé brièvement dans un de mes premiers articles, celui-ci. J'apprécie tout particulièrement ce manga, d'une part car c'est le seul ouvrage a m'avoir fait pleurer d'émotion, d'autre part pour la beauté du couple qui y est constitué : celui de Shû et de Chise. C'est un couple qui s'est formé un peu par hasard, plus que par amour, et qui se retrouve bousculé par les évènements et par la position de Chise au sein du conflit qui a lieu. Les liens qui unissent ce couple forment ce que l'auteur nommera à raison "Le dernier chant d'amour sur cette petite planète". Chise est un personnage particulier, dans cette histoire narrée par son compagnon, et alors que d'autres personnages interviendront autour d'eux, perturbant involontairement l'ordre logique des choses, ils en sortiront grandis dans leur complémentarité. Chise occupe une position ambigüe, entre meurtrière et victime, faisant tour à tour le malheur et le bonheur de Shû, jusqu'à un final très fort en émotions. De par ses actes également, elle apparaît comme faible et en même temps dangereuse, pour elle-même inclus. On retiendra le double sens terrifiant de cette phrase, "Je crois que je suis en train de grandir", qui figure dans le journal commun des deux protagonistes. Le personnage de Chise reste longtemps dans les esprits, eu égard à sa force, à l'émotion qu'il transporte, à sa fragilité ambigüe et à son charme.

   Les quatre portraits ici dressés forment pour moi des personnages féminins sublimés par leurs actions ou leurs positions par rapport aux autres personnages avec lesquels ils interagissent. La liste n'est pas exhaustive, mais ce sont à ce jour les quatre exemples les plus marquants que j'ai pu noter.

   Retour à l'introduction : Beauté/Féminité.

   Aller à la partie suivante : Femme et symbolique
Par big-cow - Publié dans : Mots et idées volatiles
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Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /2008 16:06
Beauté/Féminité

   Premier article de la partie "Mots et idées volatiles", et dans lequel je vais tâcher de faire partager mon image de la beauté féminine avec le chaland. Une tâche qui ne sera pas facile, je le conçois, car c'est un sujet sur lequel je pourrais dire beaucoup de choses. Par choix et par respect, j'ai choisi de ne donner que des exemples de beautés basées sur des livres, des films, des mangas ou encore des pièces de théâtre qui me tiennent à coeur. Mes rencontres m'ont permis de découvrir nombre de femmes belles ou envoûtantes, d'une manière comme d'une autre, mais toujours est-il que je ne désire pas les faire figurer sur ce blog. Ainsi vais-je tenter de présenter, le temps d'un article, des visages ou des personnages féminins qui m'ont attiré, car étant beaux.

   Face au nombre de références qui me sont venues en tête, j'ai décidé d'élaborer cinq articles, chacun d'entre eux traitant de la femme sous un angle différent : la beauté d'un corps ou d'un visage, la beauté d'un personnage féminin, d'un acte féminin, et enfin le symbole qu'il peut former. Même s'il aurait pu paraître plus judicieux d'effectuer un ordre différent, je finirais par la partie sur les visages et par celle sur les symboles, afin en quelque sorte de garder le plus important et le plus désirable pour la fin. Un cas sera traité à part : celui de Louise Morvan, le personnage principal des polars de Dominique Sylvain, formant alors un cinquième article. Du point de vue de l'organisation, les liens vers ces quatre parties seront disponibles sur cet article, alors que les thèmes seront répertoriés dans une nouvel
le liste.

   Première partie : Femme et couple, actes et place

   Deuxième partie : Femme et symbolique

   Troisième partie : Personnages féminins

   Quatrième partie :
La femme : corps, visages, voix et charme

   Cinquième partie en construction
Par big-cow - Publié dans : Mots et idées volatiles
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