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Les Autres raconte l'histoire, en 1945, d'une famille vivant dans un vieux manoir, à l'écart de tout : la mère,
Grace, qui peine à gérer le tout, le père absent car parti à la guerre et toujours pas de retour (et la mère cache d'ailleurs aux enfants que la guerre est finie pour ne pas les affoler) et
les deux enfants, Anne et Nicolas, qui, souffrant de photosensibilité, ne peuvent avoir de contacts avec la lumière du soleil, courant le risque d'en mourir. Alors que, pour une raison
mystérieuse, l'ensemble des domestiques du manoir ont fui une semaine auparavant, trois nouveaux arrivent à la maison, à la recherche d'un emploi : Bertha Mills, vieille gouvernante, Lydia, jeune
fille muette, et Mr. Tuttle, jardinier.
Les Autres, nouvelle incursion dans le cinéma horrifique hispanique, me permet de découvrir ce réalisateur jusqu'alors
inconnu qu'est Amenabar, et qui présente ici une oeuvre très proche du plus actuelOrphelinatde Juan Antonio Bayona. Si je connaissais déjà les
principales clefs de l'intrigue avant le film, car une personne sans grande sympathie avait jugé bon de me les donner, j'ai néaumoins bien profité de l'ensemble, me penchant plus sur sa mise en
scène et son ambiance que sur les révélations finales qui ne m'étaient alors pas étrangères.
Au premier abord, le film s'annonce comme agréablement glauque, prenant place dans un vieux manoir plongé dans les ombres,
les enfants ne devant pas être exposés à la lumière du soleil et se cachant alors perpétuellement derrière de lourds rideaux, un vieux manoir duquel les personnages ne sortiront par ailleurs
jamais, à part pour s'aventurer dans les bois se trouvant directement en face de celui-ci : le décor de ce qui semble être un huis-clos est alors posé. L'ambiance s'avèrera assez finement posée,
s'appuyant sur un décor par ailleurs plutôt sobre et restant globalement, ou tout du moins pendant une très bonne première heure, dans un ton assez noir, assez vieux et par là n'étant pas sans
installer les prémices de l'angoisse supposé tarauder le spectateur.
Angoisse, il y aura, là aussi pendant une bonne première heure de film, assez réussie et ne s'appuyant pas sur des effets
spéciaux, préférant laisser la part belle au jeu avec les ombres, les portes, les bruitages et les miroirs, prenant alors tout son sens dans le large décor qu'est la bâtisse où se déroule le
film. Amenabar fait preuve de pas mal de bonnes idées permettant de susciter l'angoisse, à commencer par le jeu des portes devant restées fermées à clef impérativement, ainsi que celui des
rideaux devant rester perpétuellement fermés. Autre grande contribution à l'angoisse : la prestation d'une Nicole Kidman qui apparaît comme proche elle-même de la folie, alors que d'étranges
intrus, les "autres" dont il est question dans le titre, semblent se manifester dans la maison de manière assez singulière.
Malheureusement, au bout d'une heure de film, les premières révélations commencent à tomber et s'avèrent être très mal
amenées par le réalisateur, faisant tomber l'ensemble dans un tout maladroit et presque grand-guignol, tant les situations ont tendance à en rajouter. Deux ou trois scènes viennent ici faire
exception à l'ensemble, telle que celle où le personnage d'Anne se drape le visage de sa robe de communion, mais le tout ne parvient pas à contrebalancer l'ensemble et le film traîne
difficilement les trois quarts d'heure qui restent. Autre défaut : la mise en scène, beaucoup trop convenue, et parfois mêlée à d'intempestifs travellings guère utiles, même si certains plans,
mettant en avant certains traits des personnages que ce soit de manière physique (en les montrant directement) ou symboliques (en s'attachant aux endroits où ils ne sont justement pas : je pense
ici à un plan fixé en direction d'un miroir, lequel pivotera sans jamais s'arrêter sur le personnage qui parle), se révèlent être très réussis et contribuer grandement à l'aspect positif du film.
Enfin, la musique, composée si je ne me trompe pas par Amenabar lui-même, n'apporte strictement rien à l'ensemble, se montrant également plate et convenue et étant plus ennuyante qu'autre
chose.
Au final, bilan mi-figue mi-raisin pour Les autres, composé d'une excellente première partie et d'une décevante suite,
présentant parfois de bonnes idées et se montrant par instant des plus convenus. A voir tout de même.