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Un nouveau Dominique Sylvain AVEC Louise Morvan, un personnage que j'apprécie plus à chaque lecture.
Strad, c'est l'abréviation pour Stradivarius, les fameux violons qu'Antonio Stradivari a conçu, et parmi les plus belles pièces et
les plus chers instruments de musique existants. Le jour où l'un d'entre eux, le Habeneck, d'une valeur de près de 24 millions de francs, est dérobé au cours d'un vol meurtrier dans une rue de
Paris, coûtant la vie au jeune musicien prodige Fabien Meyer, Louise Morvan est embauchée par les propriétaires de la pièce pour la retrouver, et se retrouve à surveiller Christian Donovan,
célèbre antiquaire fortement soupçonné par la police. En parallèle, le commissaire Serge Clémenti se retrouve avec un nouveau meurtre sur les bras : Ophélie Reix, artiste provocatrice, est
assassinée de trois coups de fusil à pompe durant une de ses performances, alors que, filmée, elle se laissait dériver sur la Seine à bord d'un matelas pneumatique. Les deux affaires se
compliquent quand Louise et Serge découvrent que Donovan et Reix étaient par le passé mari et femme.
Strad est donc l'occasion de redécouvrir le personnage de Louise Morvan, ce qui peut consister en un premier bon point pour le roman.
On est cette fois-ci plus proche deTravestisque deSoeurs de sang, car le roman se contient relativement, ce qui n'empêche
pas de penser au premier (comparaison que le personnage de Clémenti effectuera lui-même), eu égard à la ressemblance entre le victim-art qu'est la mort de la chanteuse de Noir Vertige et ce décès
tout autant suspect et qui aurait pu passer, de par son exécution, aux yeux de certains, comme une oeuvre d'art.
Si j'ai été déçu par le dernier Dominique Sylvain que j'ai lu (récemment),Passage du désir, ce n'a pas été le cas pour celui-ci : on retrouve un
style cette fois-ci assez posé dans sa première partie, qui effectue une lente gradation vers l'ensemble quelque peu délirant que j'avais tant apprécié par le passé, et ce même si l'on atteint
pas des sommets de ce point de vue (ce qui n'empêche pas le roman de décoller sérieusement en un ensemble réellement délirant par moments, tout en conservant tout son charme sur l'ensemble.). On
retrouve de nombreuses références culturelles dans cet ouvrage, une fois de plus, ouvrant comme une sorte de seconde lecture au récit ici fait : des artistes aussi divers que Ravel, Stradivari
(ibne sûr), Man Ray, Witkin, Antonioni (etBlow Upest par ailleurs cité), etc. Ces références sont autant de détails qui viennent rythmer le récit et y ajouter une touche
particulière.
Les personnages apparaissent comme très sympathiques, une fois de plus, et l'on peut noter des dialogues et des situations plus travaillées que dans les précédents ouvrages de
Sylvain. Si le roman perd son côté de fouillis chaotique pour prendre des aspects plus posés mais alors un peu moins poétiques, on appréciera tout de même beaucoup l'ensemble, et le personnage de
Louise se révèle toujours autant charismatique, d'autant plus qu'il se révèle être vu par plusieurs protagonistes simultanément (Clémenti, Louise elle-même, Argensson, Scherrer, ce dernier étant
inhérent à cet unique tome et flic à l'OCBC, un organisme de police contre le trafic des biens culturels) et apparaît alors sous plusieurs facettes, se complexisant.
En somme, un nouveau roman de Dominique Sylvain à nouveau très agréable à lire, et très bon.