Lundi 25 février 2008
Le frelon noir de James Sallis
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   Nouveau roman de James Sallis, après l'excellent Le faucheux, et toujours avec le même personnage principal, qui s'avère être le personnage récurrent des oeuvres de Sallis.

   Nouvelle-Orléans, deuxième moitié des années 60. Alors que les tensions entre Blancs et Noirs montent dans tous le pays, avec notamment l'assassinat de Kennedy, de Martin Luther King et de Malcolm X, et que des mouvements comme celui des Black Panthers émergent, un sniper inconnu assassine des hommes et des femmes, tous blancs, seul caractère distinct entre les victimes. La sixième d'entre elles décèdera aux côtés de Lew Griffin, détective privé noir, qui se donnera pour tâche de retrouver le meurtrier.

   C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai retrouvé la Nouvelle Orléans de James Sallis, auteur du déjà formidable Faucheux, qui suivait le parcours de Lew Griffin sur près d'une quarantaine d'année. Cet épisode se concentre sur une époque, et permet à l'auteur de retrouver sa thématique principal, la lutte des Noirs contre la ségrégation aux Etats-Unis, lutte qui s'est particulièrement durcie dans les années 60. Le point de vue qu'il adopte ici est d'autant plus intéressant que son protagoniste est noir et chasse un tueur également noir.

   Le scénario n'est pas spécialement développé, et aucune intrigue n'est réellement mise en place, étant donné que l'on connaît en quelque sorte la résolution de l'histoire, ou tout du moins qu'on la devine. C'est à nouveau sur le plan du style et de l'ambiance qu'il faut chercher le talent de James Sallis, qui à nouveau réussit à instaurer un formidable climat. On s'imagine aisément l'ambiance enfumée des bars, le bourbon qui coule à souhait, la violence des individus. Le personnage de Griffin l'est lui-même, violent, et sa façon de raconter son enquête à la première personne lui confère beaucoup de force.

   Une fois de plus, le contexte politique et culturel s'avère être important, d'autant plus que le roman est une dénonciation à la fois du racisme ambiant et de la violence de l'activisme noir. L'oeuvre dressée par Sallis s'avère vite être formidable, emportant le lecteur sans difficultés pour un récit dont le principal défaut sera d'être de seulement 200 pages, alors qu'on aimerait que l'histoire de Griffin ne cesse pas.

   En somme, Le frelon noir, nouvel épisode de la vie de Griffin, s'avère être excellent, très bon, et Sallis conserve sa réputation d'excellent faiseur d'ambiances. A lire.

   Du même auteur :
La mort aura tes yeux, Papillon de nuit, Le faucheux
Par big-cow - Publié dans : Littérature
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