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Troisième épisode des aventures de Louise Morvan, succédant à Baka ! (pas
encore lu) et à Soeurs de sang.
Dans ce troisième épisode donc, Louise, détective privé, va essayer de retrouver l'assassin de son oncle, Julian Eden,
dont elle a en réalité repris le bureau. Le meurtre, jamais élucidé, a eu lieu en 1979, de deux balles dans le parking de l'immeuble d'Eden. Grâce à Clémenti, Louise commence son enquête en
retrouvant la trace de Casadès, le flic louche qui avait enquêté à l'époque sur l'affaire.
Quel plaisir de retrouver le personnage de Louise, que j'avais déjà pu apprécier dans Soeurs de sang. Travestis s'avère être
dans une lignée bien différente que ce précédent épisode, car moins psychédélique, moins délirant, moins absurde et moins fantasmé, mais néaumoins très bon.
Les travestis, ici, ce sont les mensonges et les déguisements. Les mensonges, car 18 ans après la mort de son oncle,
Louise se rend compte que tous les protagonistes de l'époque viennent lui desservir une version différente de l'affaire. Les déguisements, car nombreux sont ceux qui semblent avoir plusieurs
peaux, plusieurs visages dans cette enquête qui s'annonce comme difficile, à commencer par Louise elle-même qui changera pendant un temps de personnage.
L'intrigue sait tenir le lecteur en haleine, car possédant son lot de surprises et de fausses pistes, et distillant les
vérités au compte-gouttes, autant pour le lecteur que pour le personnage de Louise. Même si elle ne forme pas l'essence du roman, elle en fait une partie de la force et se révèle être très
agréable à suivre.
Une fois de plus, c'est du niveau du style et des personnages que se dégage le talent de Dominique Sylvain. Le délire est
moins frappant que dans Soeurs de sang, donc, mais néaumoins, ce délire est
présent et décolle en particulier à l'apparition du personnage de Wlad, un tueur à gages russe complètement frappé. Les personnages possèdent la même particularité des autres personnages de
Sylvain : ils sont tous complètement fantasmés, sorte d'incarnation littéraire des délires du lecteur. C'est ainsi qu'on nous offre, outre les toujours formidables Louise Morvan, Blaise Seguin
et Serge Clémenti : Casadès, une formidable ordure comme j'en ai connu peu ; Klatz, sorti de prison depuis peu et à la position étrange sur cet échiquier ; Wlad, russe tueur à gages, légèrement
fou et psychopathe sur les bords ; la veuve Grangier et son homme de main, surnommé Scarface, aux manières quelque peu brutales ; etc.
Si les dialogues et les situations n'ont pas le psychédélisme d'antan, Travestis parvient toutefois à instaurer un climat assez délirant, joyeusement fou, très agréable. A lire.