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La totalité des articles sont accessibles par le biais de la catégorie "Listes". A noter que la catégorie "Courts et autres" ne dispose pas de liste, quant à elle.
Mardi 3 juin 2008
Venant d'apprendre mon admission, l'an prochain, en classe préparatoire, je dois malheureusement fermer mon blog, pour une durée relativement indéterminée, mais que j'estimerais de deux ans, si je reste en lice pendant les deux années que dure la formation. Sur ce, bonne visite sur ce blog dès aujourd'hui figé, mais qui ne manquera pas de rouvrir un jour.
par big-cow publié dans : Divers
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Lundi 2 juin 2008
Heat
Un film de Michael Mann

   Grand classique dans le cinéma d'action, Heat démarre par le braquage d'un fourgon d'argent par une bande d'hommes menée par Neil McCauley - or, à cause de la présence dans le groupe de l'impulsif Waingro, le hold-up tourne au massacre. Le lieutenant Vincent Hanna, un flic particulièrement acharné et malin, est dépéché sur les lieux, et décide de tout faire pour mettre fin aux agissements de McCauley, lequel prévoir d'éliminer Waingro et d'orchestrer un nouveau braquage sur une banque.

   Heat est donc un grand classique, pour la simple raison qu'il réunit en face-à-face ces deux géants du cinéma (qui par ailleurs n'apparaîtront ensemble que pendant deux scènes) que sont Al Pacino et Robert de Niro. Il m'avait souvent été donné d'apprécier la prestation des deux acteurs, en particulier par le biais de De Palma pour le premier (Scarface, L'impasse) et de Scorsese pour le second (Mean Streets, Casino, Les affranchis). S'ils jouaient tous deux dans le second épisode du Parrain de Francis Ford Coppola, c'était à deux époques différentes, Al Pacino incarnant Michael Corleone et Robert de Niro un Vito Corleone jeune et vivant alors à plusieurs générations de différence. A noter que si les deux acteurs n'ont à ce jour jamais sorti de films en France où ils collaboraient, il reste néaumoins un projet de film nommé Righteous Kill dont ils sont les instiguateurs et qui devrait sortir, selon Allociné, ce 17 septembre 2008 sur les écrans français, et où ils jouent deux flics traquant un tueur en série.

   Heat est ce que je définirais comme un film classique, mais efficace, et en l'occurence très efficace. Si l'on n'y relève pas grand chose d'exceptionnel (à part bien évidemment le duo d'acteurs principaux), l'ensemble du film est placé sous le signe d'un certain bon goût dans les choix de mise en scène, dans les rôles secondaires, dans l'élaboration du scénario et des autres personnages, dans l'ambiance global que l'on retire de l'oeuvre. Rien de réellement bluffant ici, mais cela n'empêche pas Heat de se montrer très réussi et ce sur un peu tout les plans : lui reprocher réellement quelque chose reviendrait à chipoter sur des détails qui ne gênent pas pour autant le film, lequel se montre au final très agréable à voir, donc.

   En somme, un film d'action qui a le mérite de réunir deux géants du cinéma, en plus d'être très bien fait, même si l'on se serait attendu à un peu plus d'innovation, ce qui ne le lèse pas pour autant. A voir.
par big-cow publié dans : Cinéma
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Dimanche 1 juin 2008
La fille mosaïque de Régine Detambel

   Nouvel ouvrage lu pour le Prix Sorcières.

   Jean est mort, et est enterré aujourd'hui. Jean, au lycée, c'était un peu l'ami idéal, le compagnon de rêves, celui que tout le mode apprécie pour son bagou et son audace, qui fait un peu vivre le lieu. La fille mosaïque qui donne son nom au roman, quant à elle, c'est Laetitia, l'ancienne petite amie de Jean, morcelée par la douleur, qui ne peux supporter l'absence de son ancien compagnon et préfère rester de son côté, réfugiée dans ses souvenirs et dans les bras de Marie Môme, la jeune documentaliste du lycée.

   La fille mosaïque est très, très court : seulement 82 pages qui nous permettent de découvrir des aperçus de la vie de Laetitia et de Jean, de la souffrance des personnages. J'ai pensé, bien sûr, à
C'est arrivé à Lucile, autre roman d'une petite centaine de pages sur la mort, mais qui s'était révélé être un roman assez maladroit, assez malhabile et beaucoup trop classique pour qu'on en retienne quelque chose. La fille mosaïque, c'est tout autre chose, car Detambel s'avère être un auteur chevronné, prolifique et assez touche-à-tout, là où Anne-Laure Boselli n'en était qu'à un coup d'essai.

   On est vite touché par le ton choisi par l'auteur : style assez simple mais qui se révèle assez profond et touchant au définitif, se montrant par là efficace, et doublé de dialogues assez théâtralisé, qui nimbent le tout d'une atmosphère plus tragique encore, plus forte, portant le roman au niveau du dramatique. Le choix des personnages s'avère tout d'abord efficace, à l'exception d'un Jean un peu trop idéal pour permettre l'identification (ce qui d'un côté permet d'augmenter la portée tragique de l'histoire, alors que ce compagnon tant aimé est perdu par tous, mais qui de l'autre côté fait un peu trop tomber le tout dans l'irréalisme car on a du mal à imaginer un personnage pareil). Toutefois, Marie Môme et surtout Laetitia s'avèrent être des personnages assez introspectifs et assez touchants, très attachants dans leur détresse, d'autant plus que leurs comportements sont assez finement imagés (ainsi Laetitia ne prononcera-t-elle pas un mot ou presque du roman, ce qui n'empêchera pas le lecteur d'être frappé par elle).

   La fille mosaïque rencontre toutefois des défauts dans son intrigue qui laissera durer le mystère sur les circonstances de la mort de Jean : si la fin de l'ouvrage s'avère être assez réussie, la présentation de lycée avec sa guerre des gangs est à mes yeux un peu trop tirée par les cheveux ; toujours est-il que j'ai du mal à imaginer ce lycée séparé en trois bandes rivales, toutes armées de couteaux crantés et de quelques armes à feu, ce qui ne les empêche pas de déambuler tranquillement de-ci de-là sans que personne n'y fasse grand chose - quant à savoir le niveau de vérité de la chose, il est bien évident que je ne pourrais pas me prononcer, mais je doute tout de même que l'auteur n'ait pas enflé ici la mesure.

   Un dernier aspect de La fille mosaïque, c'est la leçon que Detambel y donne, une leçon portée sur l'importance de la lecture et le bonheur que l'on peut en tirer, de même que l'amour - et le roman se place alors entre hédonisme et eudémonisme, glorifiant et le plaisir et le bonheur.

   En somme, s'il n'atteint pas des sommets de virtuosité et s'il se révèle être quelque peu exagéré, La fille mosaïque se révèle être un roman très efficace dans son genre, traitant de la mort avec justesse et efficacité. A lire.
par big-cow publié dans : Littérature
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Samedi 31 mai 2008
   Merci à Edouard pour m'avoir fait découvrir le groupe.

   Je ne connaissais absolument pas ce groupe de rock, qui opérait exclusivement des reprises, et j'ai eu l'occasion d'en découvrir hier soir un ou deux morceaux. Plus connus par l'intermédiaire des films réalisés sur eux, si ils ont tendance à péter un peu trop plus haut que leurs culs (car ils reprennent exclusivement de grands morceaux assez connus), ils savent trouver quelques idées assez sympathiques, comme jouer Starway to Heaven avec les Choeurs de l'Armée Rouge.

   Ci-joint un live d'eux (où on ne les aperçoit malheureusement que peu, alors que leurs costumes et leurs coupes de cheveux joue beaucoup, et j'invite ainsi le chaland à en découvrir plus), où ils effectuent une reprise du Enter Sandman de Metallica avec un saxophone qui rend particulièrement bien.

par big-cow publié dans : Musique
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Vendredi 30 mai 2008
Le crime parfait de Frank Cottrel Boyce

   Nouveau roman lu à l'occasion du Prix Sorcières.

   La famille Hughes vit à Manod, un village paumé en Angleterre, non-indiqué aux touristes (les panneaux n'étant pas considérés par la mairir comme une priorité budgétaire), et se targuant de posséder une montagne à l'envers juste au-dessus d'elle (en vérité une ancienne carrière). Le père Hughes tient un garage, difficilement, il faut le dire, les clients se montrant rares, et fait vivre avec du mal sa femme, ainsi que ses enfants : Marie, adolescente mal dans sa peau ; Dylan, le narrateur, seul petit garçon du village ; et Minnie, la génie de la famille. La vie poursuit ainsi difficilement son cours, jusqu'à ce qu'un curieux cortège de camionnettes blanches, dirigé par un dénommé Lester, vienne verser son mystérieux chargement et s'installer au sommet de la montagne, intriguant la population du village tout entier.

   Le crime parfait s'est révélé être un très chouette roman, s'adressant à un public assez jeune même si avec un minimum de maturité pour capter toutes les références exprimées et l'humour parfois assez fin. Il n'en reste pas moins roman jeunesse, et roman jeunesse par ailleurs très réussi.

   Le crime parfait est avant tout un roman d'humour, et s'avère être particulièrement amusant. Humour dans les situations, burlesques à souhait, tout d'abord, frôlant souvent les frontières de l'absurde mais sans jamais tomber dans la grosse farce ni dans le ridicule, se montrant d'ailleurs la plupart du temps assez léger et plus subtil que l'on ne pourrait le penser. Mais l'humour naît aussi des personnages, assez singuliers et amusants, aux premiers rangs desquels il faut placer la famille Hughes, mais également Terrible Evans (dont le prénom convient tout à fait au personnage), M. Davis (boucher quelque peu perturbé et jouant les prêtres de malheur) ou encore Mlle Stannard (institutrice au comportement quelque peu étrange par moments).

   Mais le gros de l'humour vient du décalage issu de la narration qui est effectuée par Dylan, de son point de vue d'enfant donc, sur un ton assez candide, et par là assez amusant. Le décalage sait se montrer assez léger et ne pas s'enfoncer dans la lourdeur, accompagnant le lecteur avec beaucoup de plaisir.

   Pas grand chose à rajouter sur Le crime parfait : roman très sympathique, assez amusant, qui se lit bien et avec beaucoup de plaisir.
par big-cow publié dans : Littérature
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Jeudi 29 mai 2008
Cobra de Dominique Sylvain

   Second roman de la série Martine Lewine/Alex Bruce, Cobra se retrouve être dans la pleine lignée de Vox, son action se déroulant seulement quelques semaines après celui-ci, et mettant en scène un meurtrier qui semble à nouveau être un tueur en série. Cette fois-ci, c'est Paul Dark, un éminent chercheur de la société pharmaceutique Coronis, qui est retrouvé par son flis Félix mort à son domicile, empoisonné à la strychnine et décédé après de longues et violentes souffrances. La cheville du corps est tranchée au niveau de la veine, le meurtrier a signé Cobra avec le sang de la victime : une affaire qui s'annonce difficile et d'ores et déjà bien glauque.

   Glauque, Cobra l'est, plus, je dirais, que les autres Dominique Sylvain qu'il m'ait été donné de voir, avec notamment une introduction assez violente où le Cobra décrit les souffrances de Paul Dark, comme il les voit, changeant le corps du chercheur en un objet dont il peindra de ses mots l'évolution et la lente et douloureuse métamorphose en un assemblage complètement et violemment arqué par le poison. Si on pense un peu à la découverte du corps de Vanessa Ringel par Chloé Gardel dans
Passage du désir, ou à celle du corps de Victoria Yee, transformée en macabre oeuvre d'art, dans Soeurs de sang, il faut reconnaître que Sylvain se surpasse ici, effectuant dès les premières pages un gros travail qui nous intègre immédiatement dans l'ambiance assez sombre des mystères de cette entreprise qu'est Coronis, et qui se révèle avoir de nombreux secrets à cacher.

   On retrouve avec beaucoup de plaisir le duo déjà très sympathique qu'est celui formé par Martine Lewine et Alex Bruce, et si on peut déplorer l'absence de Victor Cheffert, le coéquipier d'Alex Bruce (eu égard à la fin de
Vox que je ne dévoilerais pas) et de Fred Guedj, son meilleur ami, reporter à France 2 quelque peu agaçant pour tous, cela n'empêche pas l'auteur de nous créer quelques autres personnages très chouettes, comme Antonin Moria, homme à moitié fou vivant avec un énorme chien et ne jurant que par lui, ainsi que les dirigeants de Coronis (le couple Ferenczy, le couple Lepeck dont la description de Dany m'a évoqué le personnage de Toni Mannix, la maîtresse de Georges Reeves dans Hollywoodland, et Frederico, l'homme de main de Marco Ferenczy), aux comportements très mafieux et très curieux.

   Par contre, et c'est là la grosse bonne nouvelle de Cobra, c'est qu'on retrouve (même si pas avec autant d'intensité, et seulement dans une grosse première partie) le style assez plantant que j'avais déjà adoré dans
Soeurs de sang et qui m'avait d'ores et déjà complètement fasciné. On est réemporté dans un univers oscillant au frontières de l'onirisme, très agréable à découvrir par les mots de Sylvain, au total réellement formidable et permettant à Cobra de s'affirmer comme l'un de ses meilleurs romans.

   Toutefois, bémol du roman : sa fin, et plus globalement sa dernière partie, assez ratée d'une part car l'on voit venir la conclusion de l'histoire assez longtemps à l'avance, d'autre part car les mobiles invoqués et les rebondissements de la fin de l'ensemble se révèlent être beaucoup trop classiques pour susciter le plaisir du lecteur.

   En somme, si l'on excepte une fin pas très réussié, Cobra, de par son stylme, de par son ambiance et de par ses personnages, s'affirme comme l'un des meilleurs Dominique Sylvain que j'ai à ce jour lu.

   Du même auteur :
Soeurs de sang, Travestis, Strad, Passage du désir, Vox
par big-cow publié dans : Littérature
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Mercredi 28 mai 2008
Guide de la sexualité epanouie
du Collectif Fluide Glacial

   Attiré par la couverture formidablement grotesque de cette bande-dessinée écrite avec de nombreuses mains, couverture représentant la reproduction presque infinie des visages grotesques tels que Gotlib sait les faire avec efficacité, et prêtant déjà au rire - encore plus au vu du titre -, je l'ai emprunté hier à la médiathèque du coin, curieux de voir ce qu'il en était.

   Les dessins de Gotlib ne seront en réalité que peu présents dans les pages de ce pseudo-guide utilitaire, car le créateur de la Rubrique-à-brac et de Gai-luron participera ici essentiellement à l'élaboration des textes avec d'autres artistes Fluide Glacial tels que Fremion, Igwal et Leandri. Par contre, de nombreux dessinateurs prêteront leur plume au panel de la sexualité qui nous est ici présenté, et parmi lesquels (pour ne citer que ceux que je connais le plus) l'on peut trouver Edika, Lefred-Thouron ou encore Goossens (présent sur ce blog par le biais du délirant Route vers l'enfer). On assiste ainsi à de nombreuses rubriques tentant de nous présenter tous les aspects de la chose : un faux lexique, un courrier des lecteurs, une section détaillant le tout sous les angles biologiques (avec par exemple un faux-guide des parties érogènes du corps humain), différentes (fausses une fois de plus) astuces à utiliser au lit, différentes idées, un guide des pulsions sexuelles étranges, et encore beaucoup, beaucoup de choses diverses.

   Je dois dire au final que j'ai été plus déçu qu'autre chose par ce Guide de la sexualité épanouie. Tout d'abord parce que Gotlib est bien meilleur auteur de bande-dessinées que simple auteur de textes humoristiques, et que les délires que j'ai vécu en lisant ses précédentes oeuvres, et sans exception, venaient surtout de la combinaison entre textes et dessins. Ensuite, parce qu'au final, l'ensemble ne peut que contenir des blagues particulièrement éculées et usées de toutes parts, la sexualité étant un sempiternel sujet d'humour où les auteurs n'innovent ici pas grand chose, donnant à leur faux guide plus l'aspect d'une grosse blague potache entre bons copains - et ne faisant alors rire qu'eux - que celui d'un réel travail amusant pour le lecteur.

   Un autre gros défaut, cette fois-ci inhérent à la forme du livre, c'est sa complète inégalité : en prenant le parti d'utiliser maints dessinateurs dans l'ouvrage, les auteurs, eux-mêmes assez nombreux, transforment le tout en une sorte de patchwork complètement irrégulier, et même globalement décevant, ne suscitant que rarement le sourire et encore plus rarement le vrai rire (survenu dans mon cas à la seule lecture d'une double-page où figurait un faux index du language sexuel assez bien fait et s'avérant être plutôt amusant).

   En somme, je ne rajouterais pas grand chose sur ce Guide de la sexualité épanouie, se basant sur un thème beaucoup trop classique pour plaire et se révélant plus ennuyeux qu'autre chose. J'attends par exemple plus du Guide de la Télé, un autre collectif Fluide Glacial, que je n'ai pas lu et qui présente un univers que je connais beaucoup moins. Toujours est-il que je déconseille l'ouvrage présent.
par big-cow publié dans : BDs et mangas
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Mardi 27 mai 2008
Dropsie Avenue de Will Eisner

   Dropsie Avenue, bande-dessinée de cet auteur relativement connu qu'est Will Eisner, raconte l'histoire de ce quartier de New-York qu'est justement Dropsie Avenue, de sa fondation à l'époque où la Grande Pomme n'était qu'un village hollandais et où la famille Dropsie donna son nom au coin, jusqu'à nos jours, où la zone, jugée insalubre, fut totalement rasée.

   Bien sympathique oeuvre que celle qui nous est ici écrite par Eisner, une oeuvre que j'avais déjà aperçue rapidement mais que je lis ici pour la première fois, donnant envie de m'aventurer plus loin dans sa bibliographie. Dropsie Avenue, tout d'abord, est bien plus qu'un simple regard sur ce quartier de New-York, mais se veut être un panel de l'histoire de la ville toute entière, voire de l'histoire des Etats-Unis en général (les épisodes du Far-West en moins), des premiers colons néerlandais au lent déclin de l'urbanisation du pays, en passant par la crise de 1929 et la lutte contre le Vietnam accompagné de son épanouissement de Woodstock - sans oublier, bien sûr, les mafias.

   Pour réaliser son panel de cette rue, Eisner s'appuie sur les portraits de différents personnages qui traversent l'histoire du quartier, qu'ils y participent ou non, directement ou indirectement : paysans, mafieux, politiques, agents immobiliers, investisseurs, avocats, ou simples ménages sans grande importance - à priori. Les personnages se révèlent être intelligemment pensés, assez attachants pour la plupart, sans tomber dans la caricature mais se montrant de fidèles représentants - ou tout du moins de crédibles représentants - de leurs époques.

   Le style graphique de Eisner se fait très agréable, très sympathique, oscillant entre comics et cartoon, et atteignant alors un ensemble qui se montre souvent drôle, mais également tragique, sans que le dessin n'ait à subir les conséquences de ce changement de ton, conservant son caractère très sympathique et se lisant avec beaucoup de plaisir.

   A noter que Dropsie Avenue est le troisième tome de la trilogie du Bronx de Will Eisner, dont je n'ai par ailleurs pas lu les deux premiers tomes, ce qui me permet de dire que les trois épisodes s'avèrent être plutôt indépendants : les deux autres se nomment Un pacte avec Dieu et Jacob le cafard.

   Pas grand chose à rajouter sur Dropsie Avenue : bande dessinée très sympathique, et qui vaut le coup d'oeil. A lire.
par big-cow publié dans : BDs et mangas
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Lundi 26 mai 2008
Papillon de nuit de James Sallis

   Nouveau James Sallis lu, et second tome de la série Lew Griffin, suivant Le faucheux et précédant Le frelon noir - à noter que si l'intrigue de ce dernier se déroule avant Papillon de nuit, il s'agit en réalité d'un souvenir auquel Griffin fera mention dans le roman ici critiqué.

   Papillon de nuit se déroule alors que Lew Griffin, la cinquantaine, a quitté sa fonction de détective privé et est devenu professeur de littérature française à l'université de La Nouvelle-Orléans. LaVerne, sa meilleure amie, est morte il y a peu, et Griffin apprend que celle-ci possède une fille aujourd'hui disparue et nommée Alouette, laquelle abandonne derrière-elle un bébé, Bébé McTell, sous ventilation respiratoire. Chip Landrieu, le dernier mari de LaVerne, vient voir Griffin pour lui demander de reprendre du service et de retrouver Alouette.

   Papillon de nuit permet au lecteur de découvrir un Lew Griffin vieilli, mais qui n'a pas perdu la patte pour autant, alors que Landrieu le mandate pour une nouvelle affaire, là où il avait laissé derrière lui son existence passée. Ainsi, on pourrait s'attendre à ce que Sallis, aux personnages toujours très finement construits (et
La mort aura tes yeux en est par ailleurs l'un des meilleurs exemples) travaille son personnage d'une manière différente à précédemment : c'est ainsi qu'il sera représentée comme une sorte d'homme allant au-devant de ses vieilles années, assez désabusé par le temps qui a passé, assez paumé dans des souvenirs qu'il resasse fréquemment, faisant preuve à nouveau d'habileté, même si on aurait pu espérer que ce personnage en question apparaisse comme plus fouillé.

   A côté de ça, Papillon de nuit est également l'occasion pour Sallis d'exécuter une nouvelle peinture de la Nouvelle-Orléans qu'ont cette fois-ci traversée les années et les périodes, en bouleversant les mentalités. L'auteur recréé à nouveau une formidable ambiance, non plus baignée par le bourbon des années 70 mais par la drogue des années 90, embuée par de nouvelles valeurs, de nouvelles mentalités, et où le personnage de Griffin se retrouve nimbé d'une sorte d'aura de réputation assez particulière, apparaissant aux yeux des jeunes générations comme une sorte de "caïd" là où ses actions de détective ne lui avaient pourtant pas permis de briller.

   L'ensemble se lit peut-être avec moins de plaisir que les autres James Sallis qu'il m'avait été donnés de découvrir : un style un peu moins profond, une seule histoire assez linéaire et un peu longue (mais sans que ce détail ne s'avère réellement gênant), un univers un peu moins attachant ; néaumoins, Papillon de nuit n'en reste pas moins un tès bon roman, à lire.

   Du même auteur : Le
faucheux, Le frelon noir, La mort aura tes yeux
par big-cow publié dans : Littérature
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Dimanche 25 mai 2008
Street Trash
Un film de Jim Muro

   Merci à Nico Molotov pour le DVD.

   Les protagonistes de Street Trash, ce sont des clochards, une dizaine de clochards dominés par Bronson, un psychopathe, et l'un des pires produits du Vietnam en matière de folie, portant constamment sur lui un fémur humain fait dans les os de ses ennemis. Un beau jour, Ed, l'épicier local, découvre dans sa cave une mystérieuse caisse pleine de bouteilles étiquetées "Viper" : une boisson qui, consommée par les acheteurs, les fera soit se liquéfier soit éclater, se répandant en un produit hautement corrosif.

   Je serais tenté de caractériser Street Trash de
Bernie américain, y étant commun (même s'il n'atteint pas le niveau du film de Dupontel) par bien des points : l'humour très trash et très méchant, le fait qu'il se moque d'absolument tout (femmes, noirs, flics, mafieux, vétérans du Vietnam, allant jusqu'à se moquer de cette Amérique que tous présentent comme traumatisée par un conflit dont la vision est très dérisoire), le fait qu'il ne prenne pas de gants et s'avère finalement être une oeuvre complètement délirante et sans guère de pause, autant déjantée dans la forme que dans le fond.

   C'est tout d'abord par le biais d'un générique assez rapide et donnant déjà son ton au film que l'on découvre Street Trash, au travers d'une scène de course-poursuite déjà assez amusante, même si plutôt gentillette, accompagnée d'une bande-son assez électro et ne lésinant pas sur l'utilisation d'un son plutôt crade, qui s'accorde à merveille avec d'une part les décors - formidablement glauques, et je me demande bien où Muro a-t-il trouvé de tels lieus - et les personnages, tous clochards, caricaturaux et déjantés au possible, déchirés en permanence de mille rictus et n'étant pas sans évoquer ceux de
Enfermés dehors par exemple, mais en plus sales et en plus cinglés encore.

   Film de cinglé, on peut dire que Street Trash l'est : partant sur une idée déjà assez hallucinante, et n'hésitant pas à tartiner au maximum au niveau des effets spéciaux - qui, de plus, ont beaucoup vieilli, faisant paraître le film pour plus hallucinant encore -, le tout a toutefois le défaut de ne pas toujours tenir la route : ainsi Muro désertera-t-il carrément son idée de base pendant une bonne partie centrale du film, avant d'y revenir de manière très précipitée, de même qu'il ne se pose pas toujours la question de la cohérence de certains passages, du point de vue des réactions des personnages par exemple - mais bon, vu à quel point le film se révèle d'ores et déjà complètement délirant, on peut dire que l'on est plus à ça près, et c'est presque si cette désorganisation totale ne rajoute pas du caractère à l'ensemble.

   Une composante majeure de Street Trash, et qui à mon sens en font le principal, ce sont les dialogues : extrêmement violents du point de vue de l'humour, complètement délirants, profondément crétins, s'enchaînant de manière hallucinante pour aboutir à un résultat très drôle, il faut le dire, ils sont de plus doublés par un jeu volontairement décridibilisant, alors que les personnages n'hésitent pas par moments à pousser la caricature au maximum dans leur délire (et parfois, malheureusement, un peu trop, ce qui fait perdre le charme de certaines scènes). Le tout se voit être complétée par une histoire complètement absurde, un final de génie tant il part en un grand n'importe quoi réellement hilarant, des situations acadabrantesques, des personnages assez inouïs, et surtout un sens du glauque et du gore là encore poussé à l'outrance - et d'ailleurs, sur la jaquette du film, celui-ci est considéré comme "un sommet de mauvais goût", dans le bon sens du terme, ce qui lui va parfaitement bien.

   En somme, Street Trash, s'il reste constellé de pas mal de défauts, reste un film réellement complètement délirant, poussant tout à l'outrance (et parfois trop) mais néaumoins hilarant. A voir.
par big-cow publié dans : Cinéma
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Samedi 24 mai 2008
Les Autres
Un film de Alejandro Amenabar

   Merci à Xhop pour le film.

   Les Autres raconte l'histoire, en 1945, d'une famille vivant dans un vieux manoir, à l'écart de tout : la mère, Grace,  qui peine à gérer le tout, le père absent car parti à la guerre et toujours pas de retour (et la mère cache d'ailleurs aux enfants que la guerre est finie pour ne pas les affoler) et les deux enfants, Anne et Nicolas, qui, souffrant de photosensibilité, ne peuvent avoir de contacts avec la lumière du soleil, courant le risque d'en mourir. Alors que, pour une raison mystérieuse, l'ensemble des domestiques du manoir ont fui une semaine auparavant, trois nouveaux arrivent à la maison, à la recherche d'un emploi : Bertha Mills, vieille gouvernante, Lydia, jeune fille muette, et Mr. Tuttle, jardinier.

   Les Autres, nouvelle incursion dans le cinéma horrifique hispanique, me permet de découvrir ce réalisateur jusqu'alors inconnu qu'est Amenabar, et qui présente ici une oeuvre très proche du plus actuel Orphelinat de Juan Antonio Bayona. Si je connaissais déjà les principales clefs de l'intrigue avant le film, car une personne sans grande sympathie avait jugé bon de me les donner, j'ai néaumoins bien profité de l'ensemble, me penchant plus sur sa mise en scène et son ambiance que sur les révélations finales qui ne m'étaient alors pas étrangères.

   Au premier abord, le film s'annonce comme agréablement glauque, prenant place dans un vieux manoir plongé dans les ombres, les enfants ne devant pas être exposés à la lumière du soleil et se cachant alors perpétuellement derrière de lourds rideaux, un vieux manoir duquel les personnages ne sortiront par ailleurs jamais, à part pour s'aventurer dans les bois se trouvant directement en face de celui-ci : le décor de ce qui semble être un huis-clos est alors posé. L'ambiance s'avèrera assez finement posée, s'appuyant sur un décor par ailleurs plutôt sobre et restant globalement, ou tout du moins pendant une très bonne première heure, dans un ton assez noir, assez vieux et par là n'étant pas sans installer les prémices de l'angoisse supposé tarauder le spectateur.

   Angoisse, il y aura, là aussi pendant une bonne première heure de film, assez réussie et ne s'appuyant pas sur des effets spéciaux, préférant laisser la part belle au jeu avec les ombres, les portes, les bruitages et les miroirs, prenant alors tout son sens dans le large décor qu'est la bâtisse où se déroule le film. Amenabar fait preuve de pas mal de bonnes idées permettant de susciter l'angoisse, à commencer par le jeu des portes devant restées fermées à clef impérativement, ainsi que celui des rideaux devant rester perpétuellement fermés. Autre grande contribution à l'angoisse : la prestation d'une Nicole Kidman qui apparaît comme proche elle-même de la folie, alors que d'étranges intrus, les "autres" dont il est question dans le titre, semblent se manifester dans la maison de manière assez singulière.

   Malheureusement, au bout d'une heure de film, les premières révélations commencent à tomber et s'avèrent être très mal amenées par le réalisateur, faisant tomber l'ensemble dans un tout maladroit et presque grand-guignol, tant les situations ont tendance à en rajouter. Deux ou trois scènes viennent ici faire exception à l'ensemble, telle que celle où le personnage d'Anne se drape le visage de sa robe de communion, mais le tout ne parvient pas à contrebalancer l'ensemble et le film traîne difficilement les trois quarts d'heure qui restent. Autre défaut : la mise en scène, beaucoup trop convenue, et parfois mêlée à d'intempestifs travellings guère utiles, même si certains plans, mettant en avant certains traits des personnages que ce soit de manière physique (en les montrant directement) ou symboliques (en s'attachant aux endroits où ils ne sont justement pas : je pense ici à un plan fixé en direction d'un miroir, lequel pivotera sans jamais s'arrêter sur le personnage qui parle), se révèlent être très réussis et contribuer grandement à l'aspect positif du film. Enfin, la musique, composée si je ne me trompe pas par Amenabar lui-même, n'apporte strictement rien à l'ensemble, se montrant également plate et convenue et étant plus ennuyante qu'autre chose.

   Au final, bilan mi-figue mi-raisin pour Les autres, composé d'une excellente première partie et d'une décevante suite, présentant parfois de bonnes idées et se montrant par instant des plus convenus. A voir tout de même.
par big-cow publié dans : Cinéma
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Vendredi 23 mai 2008
Le cueilleur de fraises de Monika Feth

   Nouveau roman lu à l'occasion du Prix Sorcières, et d'un auteur allemand qui m'est inconnu (même s'il n'en est pas là à son premier roman).

   Le cueilleur de fraises raconte l'histoire de Jette, lycéenne préparant ses examens de fin d'année : sa mère, Imke, est romancière à succès, et elle même vit avec deux amies de son âge : Merle et Caro, cette seconde sortant avec un homme des plus mystérieux. Or, au même moment, un tueur en série, traqué par le commissaire Bert Melzig, a déjà commis deux meurtres en Allemagne du Nord et un troisième dans le Sud, non loin de là où vivent les trois jeunes filles.

   Premier avertissement quant au Cueilleur de fraises : ne lisez surtout pas la quatrième de couverture, l'une des plus prondément débiles qu'il m'ait été donnée de voir ; car non contente de ne préciser en rien la situation des personnages, de l'histoire ou de donner des indications ne serait-ce que sur le lieu (l'Allemagne) et l'époque (aujourd'hui) où se déroule le roman, il résume entièrement les principales étapes narratives de celui-ci, sans donner la fin ouvertement certes, mais la sous-entendant très fortement et à vrai dire suffisament fortement pour en donner toutes les clefs au lecteur. Un travail lamentable dont fait ici preuve Hachette.

   Mais rentrons dans le vif du sujet : Le cueilleur de fraises m'a personnellement plutôt déçu. On peut considérer que je suis tombé, au premier abord, dans le même piège que le Fascination de Stephanie Meyer, à la différence que je place le roman ici critiqué un niveau au-dessus de ce désastre que fut le roman de Meyer, premier tome d'une série aujourd'hui de trois. Comme dans cet autre roman donc, on retrouve ici une couverture très chouette et assez attirante (bien que la fraise ici représentée soit assez kitsch, ce qui lui fait perdre pas mal d'effet), ainsi qu'un début assez accrocheur et prometteur, donnant envie au lecteur de se plonger dans le récit sans plus attendre.

   Malheureusement, comme dans Fascination, l'excitation retombera bien vite, alors que les chapitres, décevants, se poursuivront à un rythme plutôt lent, et sans grandes surprises. Le style s'enfonce dans la platitude et la redondance, les personnages se perdent douloureusement dans une introspection sans grand intérêt et qui n'a que peu de force, et le tout lasse bien vite, alors que l'on voit venir la fin à des kilomètres à la ronde, fin des plus douloureusement convenues. D'un départ plutôt positif, Le cueilleur de fraises s'enfonce dans un essai assez piteux, mais qui a toutefois le mérite de se lire facilement, sans problème et sans provoquer de réel ennui, même si pour ma part les dernières pages ont été difficiles à franchir.

   Somme toute, si le début du Cueilleur de fraises s'avère attirer la sympathie du lecteur, le tout retombe bien vite en un ensemble convenu et sans grand intérêt, même s'il a le mérite de se lire jusqu'au bout sans ennui ni difficultés. A éviter.
par big-cow publié dans : Littérature
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Jeudi 22 mai 2008
Ayant revu Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro en DVD, j'en ai réécrit la critique, alors disponible à cette adresse.
par big-cow publié dans : Divers
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Mercredi 21 mai 2008

Vox

Vox de Dominique Sylvain

   Un nouveau Dominique Sylvain, faisant rentrer en scène un nouveau groupe de personnages principaux, après les duos Louise Morvan/Serge Clémenti et Lola Jost/ Ingrid Diesel.

   Vox, c'est le tueur en série que traque inlassablement l'inspecteur Alex Bruce, et qui a déjà laissé lui 11 victimes, qu'il choisit selon leurs voix, celles-ci lui rappelant celle de sa mère. Ne sachant plus que faire, la police décide d'utiliser une autre policière, Martine Lewine, comme femme-appât, cette dernière possédant la même voix que les victimes de Vox.

   Vox est donc l'occasion pour moi de découvrir le duo formé par Alex Bruce et Martine Lewine, un duo qui se révèle assez attachant, sans arriver au niveau de Morvan/Clémenti mais dépassant de loin Jost/Diesel dont l'apparition, dans Passage du désir, m'avait déçu. Aussi les personnages se révèlent-ils être sympathiques, d'autant plus que les amis et adjoints d'Alex (Victor Cheffert, flic surnommé "L'Intello", tentant d'arrêter de fumer et cherchant la révélation dans les blagues Carambar ; Fred Guedj, journaliste de France 2 un brin alcoolique et dangereux) sont suffisament fantasques pour voler par instants la vedette aux protagonistes principaux.

   On retrouve le style Sylvain, très agréable et présentant quelques envolées délirantes toujours très réussies, avec en prime l'habituel lot de références qui viennent rythmer le récit et y apporter plus de charme encore. Le livre dans son ensemble se lit facilement et assez vite.

   Là où Vox se fait intéressant, c'est qu'il décrypte la traquer d'un tueur en série, chose auquel Dominique Sylvain ne m'avait pas accoutumé à ce jour, n'ayant rencontré pour l'instant que de "simples" meurtriers. Le portrait de son psychopathe s'avère d'ailleurs être assez bien réalisé, assez fouillé, et très agréable à décrypter car n'étant pas sans me rappeler certains tueurs de Mankell, à l'introspection très forte, l'auteur suédois n'hésitant pas à se mettre dans leur peau. L'intrigue, globalement, tient la route, se lit avec beaucoup de plaisir et maintient son lecteur en haleine jusqu'à la fin pour un dénouement bien fait.

   Pas grand chose d'autre à rajouter : Vox est un bon Dominique Sylvain, qui permet de découvrir un nouveau duo de personnages principaux très sympathique. A lire.

   Du même auteur : Cobra, Soeurs de sang, Travestis, Strad, Passage du désir
par big-cow publié dans : Littérature
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Mardi 20 mai 2008
Beauté/Féminité Partie IV :
La femme : corps, visages, voix et charme,
une incarnation de la grâce


   J'en arrive à ma quatrième partie sur les femmes : celle dans laquelle je parlerais de la beauté physique féminine. J'ai toujours été très sensible à cette beauté, de même que j'ai toujours été très sensible aux personnages féminins, dont j'ai parlé peu auparavant. Là encore, je choisirais de ne pas parler de personnes ayant vraiment existé, même si le nombre de visages bouleversants que j'ai vu ne peut se compter, chacun possédant pour moi son charme et ses atouts, que ce soit dans le visage, la voix, le corps, ou dans cette alchimie qu'est le charme, naissant à la fois du corps et de l'esprit, de la gestuelle et de la symbolique.

   La peinture que je vais ici tenter d'esquisser sera celle des portraits féminins physiques, à nouveau d'oeuvres de fiction (plus une actrice) qui m'auront marqué, qu'ils s'agissent d'images fugaces, de photographies ou d'êtres à part entière. pour chaque portrait, je m'appuierais sur une photographie (affiche, image du film), étant particulièrement malhabile dans cet art qu'est la description des visages, et ce de manière assez paradoxale car malgré mes qualités littéraires relatives je suis toujours incapable de tenir le portrait de ce que je préfère admirer. Je l'ai déjà dit dans ma partie sur le rapport entre
Femme et Symbolique, mais je le redis ici : dans le film I'm not there, l'un des multiples visages de Bob Dylan disait "Un poème est comme une femme nue." La différence, c'est qu'ici, c'est la femme qui porte la grâce et la beauté du poème en elle, et sur son visage.

   Les extraits et images seront publiés dans le même ordre que celui où ils me sont venus à l'esprit ; je ne me risquerais pas à les trier suivant un plan qui ne pourrait alors qu'être obscur et bêtement complexe.


   Je n'ai pas vu Naissance des pieuvres, le film de Céline Sciamma duquel on a pas mal parlé à sa sortie, et qui a reçu, il faut le dire, de très bonnes critiques. A vrai dire, il est peu probable que je puisse le voir un jour, de par le milieu où il se déroule (l'idée même de la piscine me met mal à l'aise, je ne parlerais pas du fait de m'y trouver), et de part les souvenirs liés à l'évocation de ce film. Pour revenir au sujet, je ne connais que l'affiche de Naissance des pieuvres, de laquelle je parlerais ici.

   J'ai été marqué, la première fois que je l'ai vu, par la grâce de ces deux visages, qui n'apparaissent qu'à demi, chacun tentant de s'effacer du cadre de l'affiche. Deux personnages féminins, et au centre, ces tentacules (référence au titre) qui glissent doucement du haut vers le bas, avec beaucoup de délicatesse, mais marquant néaumoins la rupture entre les deux personnages. Les deux femmes ici représentées possèdent beaucoup de grâce, beaucoup de charme, beaucoup de charisme et de sensualité. Dans le regard tout d'abord, doux et profond pour celui de gauche, enfermé et masqué pour celui de droite. Dans les lèvres ensuite, non dénuées elles aussi de douceur et là encore de sensualité, et qui m'avaient évoqué, je m'en souviens, ces vers très connus de Baudelaire : "Là, tout n'est qu'ordre et beauté,/Luxe, calme et volupté". L'attitude des deux personnages est enfin empreinte de grâce, alors que celui de droite semble vouloir non pas embrasser l'autre (le mouvement étant trop amorcé vers l'extérieur) mais l'effleurer, des lèvres et de la joue. L'affiche toute entière est une image de la sensualité féminine, affiche très douce et très belle qui incite à la rêverie et à la contemplation.



   La photographie qui se trouve ci-dessous est celle de Stephanie Leonidas, dans le film Mirrormask de Dave McKean (
voir ma critique). Si je n'ai pas été particulièrement attiré par l'actrice sur la durée du film, le plan ici présent arrive au confluent de plusieurs évènements et de plusieurs éclairages qui le font reluire de cette manière si particulière.


   A ce moment précis du film, le personnage incarné par Stephanie Leonidas, la jeune jongleuse et peintre qu'est Helena vient d'être transformé en princesse des Ténèbres par les montres humaines qui se cache dans le palais de la Reine de la Nuit (grosso modo : je ne me souviens jamais des noms des personnages, et il est fort possible que la rapide présentation ici faite, ne rentrant pas dans les détails, respire le manichéisme). L'image repêchée sur Allociné laisse d'ailleurs entrevoir les doigts des artistes qui se retirent du visage d'Helena, y laissant le fruit de leur travail, soit cette longue transformation effectuée en chanson. Si ce visage n'est pas exempté, dans sa tentative d'atteindre la perfection, de défauts et d'éléments légèrement surfaits, ces derniers ont tendance à le rendre plus humain et par là plus désirable : ainsi agissent de cette manière la coupe de cheveux d'Helena (ici tranchée par la prise de vue mais dont on aperçoit la montée en chignon dans le fond) et ses joues légèrement épaisses.

   Mais ces rares imperfections, outre humaniser le personnage, font reluire ses qualités avec plus de force encore : ces yeux on ne peut plus noir, acquérant par là une profondeur hors normes, le reflet de la lumière y apparaissant comme une curieuse pupille immaculée (et par rapport à l'histoire, interprétable comme un rayon d'espoir vis-à-vis de la situation d'Helena), cette mèche qui couvre le second oeil, donnant une dimension quelque peu angoissante à la photographie, ces lèvres incitant à la rêverie car proche d'une certaine perfection, étant tout particulièrement régulières, et d'un rouge qui s'accord avec les pupilles complètement noires. La présence des doigts joue également : s'ils sont en réalité en train de se retirer, on a ici l'impression qu'ils sont au contraire attirés par le visage de la jeune fille, désirant l'effleurer pour en sentir la réalité.


   Jasmine Trinca sera la seule actrice que je présenterais sur cette partie du blog, pour la simple raison qu'elle est la seule dont je trouve le visage empli d'une beauté constante. Elle n'a à ce jour que peu joué, et je l'ai personnellement vu dans Romanzo Criminale de Michele Placido tout d'abord, où elle interprète le personnage de Roberta, la femme du Fredo, puis dans le Caïman de Nanni Moretti ensuite (
voir ma critique), où elle est la réalisatrice du film que tournent les personnages principaux, Teresa.


   On peut considérer que le charme de Jasmine Trinca provient très essentiellement de son sourire. Si l'aspect glacé des photographies et le fait que je n'en ai pas trouvé de propice sur Internet ne rend pas vraiment compte de cette grâce de l'actrice, mais j'invite le chaland à regarder cette bande-annonce du Caïman, trouvée sur Allociné, et dans les premiers plans de laquelle ce fabuleux sourire en question naît aux yeux du spectateur. Jasmine Trinca n'est pas dénuée de charme outre ce sourire, mais se trouve là une marque de beauté assez rare et assez remarquable, à côté de laquelle il serait un tort de passer.


   Il aurait été quelque peu absurde de passer à côté d'Almodovar dans cette présentation de la beauté féminine : je me souviens de l'érotisme latent des images de Matador, dont je n'ai jamais à ce jour pu voir la fin, de la grâce des actrices de Volver, et enfin de l'hommage rendue à la femme à travers les scènes de Parle avec elle (
voir ma critique) - et encore, là n'est que le faible aperçu des oeuvres d'Almodovar que j'ai pu découvrir. Toujours est-il que c'est Parle avec elle que j'ai ici le besoin d'évoquer, et ce pour deux passages que je préciserais plus loin.

   Mais reprécisons l'intrigue du film : Lydia, torero professionnel, et Alicia, jeune danseuse, sont toutes deux dans un profond coma. Marco, le petit ami de la première, et Benigno, infirmier de l'hôpital, veillent respectivement sur l'une et sur l'autre : une sorte d'amitié quelque peu étrange finit par se développer entre les deux hommes. Outre une histoire d'amitié, Parle avec elle est donc un hommage à la femme, au travers des personnages de Lydia et d'Alicia, observées par le biais de flash-backs à l'époque de leur vie normale, et sous état comateux.


   L'un des premiers passages que j'ai le désir d'évoquer est le jeu qui s'instaure autour du corps d'Alicia, jeu non présent dans le cas de Lydia (effectivement, il se révèle essentiellement dû à la position de Benigno en tant qu'infirmier, Benigno qui connaissait déjà Alicia avant que celle-ci ne se retrouve à l'hôpital). Je ne me souviens plus de l'exactitude des séquences qu'il est donné de voir au spectateur, mais je me souviens de scènes de nues très douces, quand Benigno prenait soin du corps d'Alicia, et ce malgré les développements de l'intrigue (que je ne dévoilerais pas) qui contrastent douloureusement avec cet aspect très doux des choses. Les draps blancs sur lesquels baignent le corps d'Alicia, le fait qu'elle ne puisse toucher par elle-même son propre corps, qu'elle ne puisse même réagir à ce qu'il se passe autour d'elle et qu'elle soit plongée dans une sorte de profond sommeil, dans un sens seulement, confère une dimension presque spirituelle aux séquences que j'évoque ici, lui donnant alors davantage de beauté et permettant au corps d'acquérir un statut presque pur et divin, objet de désir contemplatif, étant exposé simplement, sans artifice.


   La séquence que je vais ici évoquer aurait peut-être méritée, de par sa symbolique, de figurer dans la première partie sur le rapport de la femme au couple, mais étant donné que je traite déjà de Parle avec elle ici, et que ce rapport se montre dans un état exclusivement charnel et physique, j'ai décidé de faire figurer cette sous-partie ici. A un moment du film, le personnage de Benigno raconte à Alicia un film qu'il a vu durant un ciné-club : l'histoire d'un scientifique qui, à cause d'un mauvais dosage, se retrouve à rétrécir, sans fin, jusqu'à devenir gros de quelques pouces ; après une folle nuit d'amour avec sa maîtresse, il entrera dans la porte qu'est son vagin, pour y disparaître.

   L'idée, si elle peut paraître assez graveleuse au premier abord, se révèle d'un autre côté très belle : outre la superbe promenade, pleine d'ivresse, que le scientifique effectue sur le corps de sa dulcinée, se jetant sur ses seins qui apparaissent telles des collines (la caméra a la volonté de leur donner une certaine pureté, cette fois-ci garantie par le noir et blanc du court-métrage), l'idée même de disparaître à l'intérieur de sa compagne témoigne d'une part de la plénitude complète vers laquelle tend le couple d'une part, et d'autre part de la place importante de la femme dans ce même couple, se faisant réceptacle, au sens propre, de l'amour des hommes.


   Une autre femme très belle, c'est Jean Seberg dans A bout de souffle de Jean-Luc Godart. J'aime beaucoup Godart pour l'esprit complètement anarchique et terriblement poétique qui souffle sur ses oeuvres, et A bout de souffle est l'une des grandes composantes de sa filmographie. Jean Seberg y joue le personnage de Patricia, l'amante de Jean-Paul Belmondo/Michel, américaine vivant à Paris et connu surtout de par la scène (dont la photographie est restée célèbre) où le couple déambule sur les Champs-Elysées, alors qu'elle vend le Herald Tribune aux passants.

   Si la photographie du baiser des deux amants, se déroulant si ma mémoire est bonne durant la scène de la chambre d'hôtel, s'avère être très belle, ce n'était pas cet instant du film donc j'avais recherché une capture. Je me souviens d'un plan de Jean Seberg, réellement très beau, où l'on peut voir celle-ci sur un escalator, plan de seulement quelques secondes, mais où la caméra la prenait de haut. Une amie, ayant aperçue la photo de Seberg avant de voir le film, avait fait remarqué que la femme était très belle - pour moi, c'est dans ce fabuleux plan que ce fait prend tout son sens, un plan qui vaut le coup d'oeil à lui seul.


   Je ne m'attarderais pas sur Blow Up, l'histoire n'ayant que peu de rapports avec la femme que je vais présenter ici (pour plus de renseignements au sujet du film de Antonioni,
voir ma critique). Au moment du film où elle entre en scène, le personnage a déjà cherché à la rencontrer une ou deux scènes auparavant : elle se révèle être antiquaire et est interprétée par Susan Broderick, qui n'a à vrai dire jamais joué dans d'autres film si ce n'est un ou deux rôles secondaires ici et là. La scène se déroule quand il parvient enfin à la rencontrer, scène que j'ai trouvé miraculeusement sur Youtube et que voici :



   Je ne saurais dire ce qui m'a réellement charmé dans l'antiquaire, car à ce jour, je n'ai pas rencontré grand monde ayant subi la même attirance pour elle. Peut-être est-ce ce regard un brin rêveur, cette façon assez formidable de prononcer "To Nepal", le fait qu'elle ne soit pas sans me rappeler une connaissance qui m'est chère, le fait qu'elle soit antiquaire (ce qui lui confère un certain charme, il faut le dire), les mèches de cheveux qui remontent le long des joues, ou tout bêtement cette alchimie de détails qui forme ce que l'on appelle le charme. Toujours est-il que là est une autre des mes idoles en matière de beauté féminine, qui m'a frappé dès que j'ai vu le film, en VO bien sûr pour profiter pleinement de cette voix.


   Je n'ai pas pu voir Batalla en el Cielo à sa sortie au cinéma, le film étant alors interdit aux moins de 16 ans, là où je peinais déjà à en avoir 15. J'ai par contre été vite séduit par la nudité du personnage féminin présentée sur l'affiche du film, par cette grâce et cette simplicité, le personnage se tenant tout simplement droit, sur le dos, sur des draps blancs, la tête seule renversée sur le côté, les yeux fermés, lui conférant comme une sorte de pureté assez semblable à celle d'Alicia dans le Parle avec elle de Almodovar, exemple cité ci-dessus. Très belle image.

   Que rajouter de plus ? Voici quelques exemples typiques de beauté féminine que j'ai su apprécier, et encore cette liste se révèle-t-elle être loin d'être exhaustive. A prendre comme un hommage à la féminité et à ce charme inhérent à la femme.

   Retour à l'introduction :
Beauté/Féminité

   Retour à la partie précédente :
Personnages féminins
par big-cow publié dans : Mots et idées volatiles
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